LA. DÉMOCRATIE ATHÉNIENNE
Le comte Paul de Leusse dans ses Etudes d'histoire ethnique a fort bien défini les caractères de ce que l'on appelle la démocratie à Athènes et à Sparte.
«... Clinton, qui fait autorité en pareille matière, indique comme chiffre de population pour la Laconie
OOO NOTES
et la Messénie 33.ooo Spartiates (ou conquérants ayant seuls des droits politiques), 66.000 Pèrieques et 170.000 ilotes...
« Maintenant, qu'on veuille bien avoir toujours présent à l'esprit ce fait que, quand 269 habitants de ce pays étaient réunis, 33 iïeni ■« eux possédaient seuls le sol et le pouvoir, 66 avaient qt>Jque richesse sans droit, et 170 étaient un pur bétail. Si on n'a pas toujours cette proportion à l'esprit, on comprendra à faux toute Vhistoire grecque...
« Je dirai la même chose d'Athènes, » ajoute M. de Leusse, qui omet seulement de noter que les esclaves athéniens lurent traités comme des hommes, avec une douceur et une générosité dont les monuments et les textes témoignent.
« Je dirai la même chose d'Athènes et je voudrais mettre cette division par castes, avec leur nombre proportionnel au haut de chacune de mes pages qui traitent de la Grèce, parce que cette division et cette proportion expliquent tout et rendent absolument grotesques toutes les comparaisons que les hommes modernes veulent faire entre ces temps-là et le nôtre, entre le mot république d'alors et le mot république d'aujourd'hui, entre la conception démocratique ancienne et la conception démocratique moderne.
« Aussi, quand je vois un homme de la valeur de M. Duruy, qui a été mon maître au lycée Saint-Louis et dont j'estime autant le talent que le caractère, nous parler toujours de démocratie à Sparte, je n'y comprends absolument plus rien.
« S'il y avait en France, sur 38 millions d'habitants, 3 millions de propriétaires fonciers, femmes et enfants compris, c'est-à-dire pas /joo.ooo hommes valides, possédant tout le sol, seuls maîtres du pouvoir à Paris et dans les départements, tous parents et égaux en droit entre eux, jamais il ne me viendrait à l'esprit de dire que ce n'est pas un régime aristocratique à la dernière puissance,
NOTES OOI
« Cela donnerait dans chaque commune rurale une ou deux personnes la possédant et pouvant brûler la cervelle à qui bougerait, avec dix personnes dans les villes, et trois ou quatre cents à Paris ayant ce pouvoir. Eh bien ! cela serait-il une démocratie ? »
La vive imagination du comte de Leusse nous réalise en numérations excellentes cette pensée, presque trop claire, que le régime antique fut l'aristocratie. Bien plus, dans tous les temps et toutes les villes où se montra une civilisation hellénique brillante, ce fut une aristocratie de l'aristocratie, une fleur de la fleur qui l'avait préparée et déterminée. Aux moments dits démocratiques, c'est-à-dire quand le plus grand nombre des citoyens, quand la partie inférieure de l'élite prit le dessus, cette demi-démocratie fut une consomption rapide. Ainsi périt l'Athènes d'Alcibiade et de Périclès. .
NOTE ÏII l'athlète de polyclète
M. Louis Dimier m'a écrit que l'athlète de Polyclète qui a été trouvé à Yaison, en Provence, et qui est au Musée Britannique, avait été proposé par deux fois, sous le second empire, à M. de Nieuwerkerque alors surintendant des Beaux-Arts. Sur le refus du fonctionnaire, la pièce fut offerte aux Anglais. Ils l'achetèrent surle-champ.