Qui s'efTace p«u 1 peu à l'horizon
2. Les pères qui partent laissent Ij-bjs leurs plus ici; \. Le poète veut dire que les imcs et les ci.t:u:s ^; mortels, et ne perdent pas de vue ceux qui leur sont chers.
LA TERRH ET L'HXFAXT
Enfant, sur la terre on se traîne, Les yeux et l'âme émerveillés ; Mais, plus tard, on regarde à peine Cette terre qu'on foule aux pieds.
Je sens déjà que je l'oublie, Et parfois, songeur au front las, Je m'en repens, et me rallie Aux enfants qui vivent plus bas'.
Détachés du sein de la mère.
De leurs petits pieds incertains
Ils vont reconnaître la terre.
Et pressent tout de leurs deux mains.
Ils ont de graves tête-à-tête Avec le chien de la maison ; Ils voient courir la moindre bête Dans les profondeurs du gazon ;
Us écoutent l'herbe qui pousse, Eux seuls respirent son parfum ; Ils contemplent les brins de mousse Et les grains de sable un par un;
Par tous les calices baisée-,
Leur bouche est au niveau des fleurs.
Et c'est souvent de la rosée
Qu'on essuie en séchant leurs pleurs.
1. Mes regards, comme ceux des enfants, reviennent vers la terre
que j'oubliais trop.
2. C'est-à-dire : les calices des fleurs sont à I.1 hauteur de leurs lèvre-.
POÉSIES DOMESTIQUtS 8^
UN ONCLI*
l'.ii mal placé mon cœur, j'aime l'enfant d'un autre; ! \ c'est pour m'exploiter qu'il fait le bon apôtre', Ce petit traître, je le sais; 1 mère, quand je viens, me devine", et l'appelle, iitant que je suis là pour lui plus que pour elle; Mais elle ne m'en veut jamais.
1 c marmot prend alors sa voix flùtée et tendre
es enfants ont deux voix), et dit, sans la comprendre.
Sa fable, avec expression ' ;
luis, il me fait ranger des soldats sur la table,
m'obsède, et je trouve un plaisir ineffable
A sa gentille obsession*.
Je m'v laisse duper toutes les fois : j'espcre Qu'à force de bonté je serai presque un père;
Ne dit-il pas qu'il m'aime bien!
Mais voici tout à coup le vrai père, ô disgrâce! 1 enfant court, bat des mains, lui saute au cou, l'embr «-^'
Et le pauvre oncle n'est plus rien.
Siii\ Prcdhomme.
LA VOL'LZIi:
[ S'il est un nom bien doux fait pour la poésie, \ Oh! dites, n'est-ce pas le nom de la Vouizie?
I. Tout ceci est ironique. Il veut dire que l'enfant caresse son
pour en obtenir tout ce qu'il veut.
3. Ole va au-devant du secret désir de voir l'enfant, î. L'instinct lui $ui»gcrc parfois des intonation* c^
4. ObsfJtr quelqu'un, c'est s'empirer Je lui \v ;>->riunc: M«is l'oncle ne s'en plaint pa<.
La Voulzie ', est-ce un fleuve aux grandes îles ? Non ;
Mais, avec un murmure aussi doux que son nom,
Un tout petit ruisseau coulant visible à peine;
Un géant altéré le boirait d'une haleine ;
Le nain vert Obéron', jouant au bord des flots.
Sauterait par-dessus sans mouiller ses grelots.
Mais j'aime la Voulzie et ses bois noirs de mûres,
Et dans son lit de fleurs ses bonds et ses murmures.
Enfant, j'ai bien souvent, à l'ombre des buissons.
Dans le langage humain traduit ses vagues sons;
Pauvre écolier rêveur, et qu'on disait sauvage,
Quand j'émiettais mon pain à l'oiseau du rivage.
L'onde semblait me dire : v Espère! aux mauvais jours
Dieu te rendra ton pain '. » — Dieu me le doit toujours !
C'était mon Egérie-», et l'oracle prospère
A toutes mes douleurs jetait ce mot : « Espère!
Espère et chante, enfant dont le berceau trembla 5,
Plus de frayeur : Camille'" et ta mère sont là.
Moi, j'aurai pour tes chants de longs échos... >•> — Chimère!
Le fossoyeur m'a pris et Camille et ma mère.
J'avais bien des amis ici-bas quand j'y vins,
Bluet éclos parmi les roses de Provins :
Du sommeil de la mort, du sommeil que j'envie,
Presque tous maintenant dorment, et, dans la vie.
Le chemin dont l'épine insulte .à mes lambeaux
Comme une voie antique est bordé de tombeaux-.
Dans le pays des sourds j'ai promené ma Ivre;
J'ai chanté sans échos, et, pris d'un noir délire,
J'ai brisé mon luth, puis de l'ivoire sacré
J'ai jeté les débris au vent... et j'ai pleuré!