‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 106 sur 444 · Pour ce père, c'est le bonjour de ses enfants · texte numérisé non relu

Pour ce père, c'est le bonjour de ses enfants

Les voilà ! toujours les premières A remplir ce joyeux devoir...

On entend là-bas les grands frères S'ébattre en leur bruyant dortoir.

Mais en avril comme en décembre, Toujours, épiant mon réveil, Les deux sœurs entrent dans ma chambre. Plus exactes que le soleil.

Et, si noire que soit la brume',

A leur sourire familier,

Une vive clarté s'allume

Dans mon cœur, dans mon atelier'.

Md nuii, ma triste nuit s'envole; Leur voix douce m'a raffermi Avec cette simple parole :

c< Père, avez-vous un peu dormi ? »

Longtemps je les garde embrassées :

Et quels bons rires entre nous !

Mais voilà mes deux empressées Qui s'échappent de mes genoux.

Car on veut tout remettre en place, Livres, papiers, tout l'attirail.

Pour que l'ordre et la bonne grâce Ornent ma table de travail.

L'encrier, garni de ses plumes, M'invite, et prend un air charmant; Sur mes rayons les gros volumes S'alignent par enchantement.

I. Un ciel brumeux est chargé de brouiU.irds fbruma, solstice d'hiver), j. C'est le cabinet où travaille le poète.

Sur les bronzes de l'étagère.

Sur les cadres d'or du trumeau'.

Comme une hirondelle Icgcre On fait voltiger le plumeau.

I .« bruyère, en sa porcelaine, le tapis et ses larges fleurs, le blason' du coussin de laine, T(»ur reprend de vives couleurs.

Ht tandis qu'on passe et repasse, Sur mes genoux, en fredonnant, On revient, et vite on embrasse Le front du père rayonnant.

Durant tout ce petit ménage Qu'on achève avec tant d'amour, Le poète a repris courage Pour son labeur de chaque jour.

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