‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 112 sur 444 · I. Les cœurs étaient plus jeunes que leur ige · texte numérisé non relu

I. Les cœurs étaient plus jeunes que leur ige

■. C'est un village de l'Artois, où est né le peintre. La rime permet

Mipprinier Vs.

\. Il mclc à son tableau un accent religieux. La nature est ici comme

temple, d'où partent la prière et l'cnccn-;. 4. Sous les rayons du soleil couchant.

VIEUX JAKDINS

Qui n'aime ces jardins des humbles dont les haies

Sont de neige' au printemps, puis s'empourprent de baies

Que visite le merle à l'arrière-saison ;

Où dort, couvert de mousse, un vieux pan de maison

Qu'une vigne gaîment couronne de sa frise,

Sous la fenêtre étroite, et que le temps irise';

Où des touffes de buis d'âge immémorial

Répandent leur parfum austère et cordial;

Où la vieillesse rend les groseilliers avares;

Jardinets mesurant à peine quelques ares-».

Mais si pleins de verdeurs et de destructions^

Qu'on y suivrait le fil des générations;

Ou, près du tronc caduc et pourri qu'un ver fouille,

Les cheveux allumés, l'enfant vermeil gazouille;

Où vers le banc verdi les bons vieillards tremblants

Viennent, sur leur béquille appuyant leurs pas lents

Et gardant la gaîté, — car leur àmc presbyte^'

Voit mieux les beaux lointains que la lumière habite, —

D'un regard déjà lourd de l'éternel sommeil,

Tout doucement sourire à leur dernier soleil?

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