‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 138 sur 444 · Xe pouvant le séduire par l'or, il veut l'efFrayer · texte numérisé non relu

Xe pouvant le séduire par l'or, il veut l'efFrayer

Presse, flatte, promet'; ce fut peine inutile.

Sans-Souci s'obstinait. « Entendez la raison,

^ire, je ne peux pas vous vendre ma maison :

Mon vieux père y mourut, mon fils v vient de naître;

C'est mon Potsdam, à moi. Je suis tranchant peut-être.

Ne l'êtes-vous jamais? Tenez, mille ducats

Au bout de vos discours ne me tenteraient pas.

11 faut vous en passer, je l'ai dit. j'\ persiste*. »

Les rois malaisément souffrent qu'on leur résiste.

Frédéric, un moment par l'humeur emporté :

(' Parbleu! de ton moulin c'est bien être entêté!

Je suis bon de vouloir t'engager à le vendre :

Sais-tu que sans paver je pourrais bien le prendre?

Je suis le maître. — Vous!... De prendre mon moulin?

Oui, si nous n'avions pas des juges à Berlin. »

Le monarque, à ce mot, revient de son caprice;

Charmé que sous son règne on crût à la justice,

11 rit, et se tournant vers quelques courtisans :

<' Ma foi, messieurs, je crois qu'il faut changer nos plans.

Voisin, garde ton bien; j'aime fort ta réplique. »

Qu'aurait-on fait de mieux dans une république?

Le plus sûr est pourtant de ne pas s'v ner :

Ce même Frédéric, juste envers un meunier.

Se permit mainte fois telle autre fantaisie :

Témoin ce certain jour qu'il prit la Silésie-,

Qu'à peine sur le trône, avide de lauriers, • "^^ ' -

Epris du vain renom qui séduit les guerriers, O a. y -^

11 mit l'Europe en feu. Ce sont là jeux de ptiCè^ : ' *^4 r ^

On respecte un moulin, on vole une provirts^^»^

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