NOUVEAU-NÉS
Enfants d'un jour, ô nouveau-nés, Petites bouches, petits nez, Petites lèvres demi-closes,
Membres tremblants.
Si frais, si blancs, Si roses ;
tnfants d'un jour, ô nouveau-nés, Pour le bonheur que vous donnez A vous voir dormir dans vos langes.
Espoir des nids ',
Soyez bénis.
Chers anges !
Pour vos grands yeux effarouchés
Que sous vos draps blancs vous cache/,
Pour vos sourires, vos pleurt même.
Tout ce qu'en vous.
Êtres si doux.
On aime;
Pour tout ce que vous gazouillez,
Soyez bénis, baisés, choyés,
Gais rossignols, blanches fauvettes !
Que d'amoureux
Et que d'heureux Vous faites !
I. Le nid est ici le foyer, la famille, la maison paternel'' -jinsi que Nf. Eugène Manuel a dit :
Pour Unir l'enfaut, la ftnime €st attiit ; La nature, leudrt en tous ses desieitu, n'avance a marque la place pricise Jîiitre les genoux, les bras el la feins :
Doux nid de l'oiseau, dès qu'il vioil >U tiailtr, .IsiU sacre', berceau sans pareil.
Où Dieu prépara pour le petit être, Aiipièi du lait pur, It profond sommeil.
rOtSIlS DOI^iSTIQUES
Lorsque sur vos chauds oreillers,
En souriant, vous sommeillez,
Près de vous, tout bas, 6 merveille !
Une voix dit:
« Dors, beau petit; Je veille'. »
C'est la voix de Tange gardien; Dormez, dormez, ne craignez rien; Rêvez, sous ses ailes de neige :
Le beau jaloux
Vous berce et vous Protège.
Enfants d'un jour, ô nouveau-nés.
Au paradis, d'où vous venez, l'n léger fil d'or vous rattache.
A ce fil d'or
Tient l'âme, encor Sans tache.
\ ous ctcs à toute maison Ce que la fleur est au gazon, Ce qu'au ciel est rétoiie blanche.
Ce qu'un peu d'eau
Est au roseau Qui penche.
Mais vous avez de plus encor Ce que n'a pas l'étoile d'or, Ce qui manque aux fleurs les plus belles : Malheur à nous!
Vous avez tous Des ailes '.
ALfHOxsi Daudei.