L'OREILLER D'UN ENFANT
Cher petit oreiller! doux et chaud sous ma tête, Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi! Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête, cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !
Beaucoup, beaucoup d'enfants pauvres et nus, sans mère. Sans maison, n'ont jamais d'oreiller pour dormir; Ils ont toujours sommeil ! ô destinée amère ! Maman! douce maman! cela me fait gémir!
Je ne m'éveillerai qu'à la lueur première De l'aube' au rideau bleu : c'est si gai de la voir! Je vais dire plus bas ma plus tendre prière; Donne encore un baiser, douce maman; bonsoir!
Dieu des enfants, le cœur d'une petite fille
Plein de prière, écoute, est sous mes mains' ; Hélas! on m'a parlé d'orphelins sans famille! Dans l'avenir, bon Dieu, ne fais plus d'orphelins!
Laisse descendre au soir un ange qui pardonne. Pour répondre à des voix que l'on entend gémir; Mets sous l'enfant perdu que sa mère abandonne Un petit oreiller qui le fera dormir!
M°" Desbordes-Valmorl.
LA M1:RE ET LE NOUVEAU-Nl-
Dans quel enchantement son oreille ravie Reçoit le premier cri qui l'annonce à la vie! Heureuse de souffrir, on la voit tour à tour
1. Ce vers veut dire : quand les lueurs du jour qui se lève éclaireront les rideaux bleus de ma cliambrette.