LE MATIN
Le voile du matin sur les monts se déploie : Vois, un rayon naissant blanchit la vieille tour; Et déjà, dans les cieux, s'unit avec amour,
Ainsi que la gloire à la joie, Le premier chant des bois 5 aux premiers feux du jour
Oui, souris à l'éclat dont le ciel se décore! — Tu verras, si demain- le cercueil me dévore,
1. C'est peint de près. L^ pluie avive la couleur des paves; ses gouttes tressautent, et, pour peu qu'il y ait du soleil, semblent étinceler.
2. Tandis que leur piste est suivie par un chien tout trempé, qui a la queue et l'oreille basses.
3. C'est le concert matinal des oiseaux cacliés sous la feuillée.
POÉSIES PITTORESQUES Ifl
Un soleil aussi beau luire à ton désespoir, Et les mêmes oiseaux chanter la même aurore Sur mon tombeau muet et noir ' !
Mais dans l'autre horizon l'âme alors est ravie. L'avenir sans fin s'ouvre à l'être illimité.
Au matin de l'éternité,
On se réveille de la vie Comme d'une nuit sombre ou d'un rêve agité !
\'. Hugo.