‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 161 sur 444 · LE MATIN · texte numérisé non relu

LE MATIN

Le voile du matin sur les monts se déploie : Vois, un rayon naissant blanchit la vieille tour; Et déjà, dans les cieux, s'unit avec amour,

Ainsi que la gloire à la joie, Le premier chant des bois 5 aux premiers feux du jour

Oui, souris à l'éclat dont le ciel se décore! — Tu verras, si demain- le cercueil me dévore,

1. C'est peint de près. L^ pluie avive la couleur des paves; ses gouttes tressautent, et, pour peu qu'il y ait du soleil, semblent étinceler.

2. Tandis que leur piste est suivie par un chien tout trempé, qui a la queue et l'oreille basses.

3. C'est le concert matinal des oiseaux cacliés sous la feuillée.

POÉSIES PITTORESQUES Ifl

Un soleil aussi beau luire à ton désespoir, Et les mêmes oiseaux chanter la même aurore Sur mon tombeau muet et noir ' !

Mais dans l'autre horizon l'âme alors est ravie. L'avenir sans fin s'ouvre à l'être illimité.

Au matin de l'éternité,

On se réveille de la vie Comme d'une nuit sombre ou d'un rêve agité !

\'. Hugo.

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