‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 162 sur 444 · PLUIE D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

PLUIE D'ÉTÉ

Que la soirée est fraîche et douce !

oh ! viens ! il a plu, ce matin; Les humides tapis de mousse Verdissent tes pieds de satin.

L'oiseau vole sous les feuillées.

Secouant ses ailes mouillées; Pauvre oiseau que le ciel bénit !

11 écoute le vent bruire, Chante, et voit des gouttes d'eau luire, Comme des perles, dans son nid-.

La pluie a versé ses ondées; Le ciel reprend son bleu changeant.

Les terres luisent fécondées Comme sous un réseau d'argent.

1. Le mcnio sentiment a été exprimé par Xavier de Maistre, pleurant un ami. Il est si naturel, ce contraste entre nos douleurs et l'impassibilité de la nature !

2. Après l'ondée, l'oiseau fête par ses chants le premier rayon de soleil qui sèche ses ailes et son nid.

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Le petit ruisseau de la plaine, Pour une heure enflé, roule et traîne Brins d'herbe, lézards endormis, Court, et, précipitant son onde Du haut d'un caillou qu'il inonde.

Fait des Niagaras aux fourmis' !

Tourbillonnant dans ce déluge, Des insectes sans avirons Voguent pressés, frêle refuge 1 Sur des ailes de moucherons; D'autres pendent, comme à des îles.

A des feuilles, errants asiles ; Heureux dans leur adversité, Si, perçant les flots de sa cime.

Une paille au bord de l'abîme Retient leur flottante cité' !

Les courants ont lavé le sable;

Au soleil montent les vapeurs,

El l'horizon insaisissable

Tremble, et fuit sous leurs plis trompeurs.

On voit seulement sous leurs voiles,

Comme d'incertaines étoiles.

Des points lumineux scintiller.

Et les monts, de la brume enfuie

Sortir, et, ruisselant de pluie.

Les toits d'ardoise étinceler.

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