LA FLEUR
Fleur mourante et solitaire, Qui fus l'honneur du vallon.
Tes débris jonchent la terre.
Dispersés par l'aquilon.
La même faux nous moissonne Nous cédons au même dieu :
Vne feuille t'abandonne.
Lin plaisir nous dit adieu.
I. Voili une feuille digne de surnager à jamais sur l'océan des igcs.
Chaque jour, le temps nous vole Un goût, une passion ; Et chaque instant qui s'envole Emporte une illusion.
L'homme, perdant sa chimère, Se demande avec douleur :
« Quelle est la plus éphémère De la vie ou de la fleur' ? »
La neige
Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires, Des histoires du temps passé, Quand les branches d'arbres sont noires', Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé ! Quand seul, dans un ciel pâle, un peuplier s'élance; Quand, sous le manteau blanc qui vient de le cacher, L'immobile corbeau sur l'arbre se balance, Comme la girouette au bout du long clocher' !
A. DE VlGXY.