‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 169 sur 444 · L.\ HliTRAIH · texte numérisé non relu

L.\ HliTRAIH

C'était une hétraie-, élevée et profonde.

Oasis- de fraîcheur et de sérénité.

Au sommet d'un coteau plantée avec fierté.

Calme, à s'y croire encore aux premiers jours du monde.

Aucun sentier frayé n'y conduisait d'en bas : 11 fallait v grimper dans de hautes fougères, Des massifs de sapins et des champs de bru\ ères, Qui dans l'herbe agitaient leurs izrands bouquets lilas.

1. Lieu pl.int«i de bètres, grand .irbrc qui produit un fruit .ipptle faille, et dont on lire de IMuiile.

2. Une oasis (d'un mot grec, qui signitie bosquet) est un ilôt de verdure, au milieu d'un dé-^ert de snble.

Des lapins gris rayaient des zigzags de leurs courses Le gazon court jonché par les pommes de pin ; Et, de quelque côté que l'on prît son chemin, On faisait fuir des vols d'oiseaux buvant aux sources.

Des quartiers de rochers vieux comme l'univers Se levaient pêle-mêle et vous barraient la route; Une eau d'argent filtrait à leurs pieds goutte à goutte, Et des tulipes d'or tremblaient à leurs fronts verts.

Il tombait de la voûte un demi-jour douteux, Pareil à la clarté des vieilles basiliques'; Et, comme des piliers, les arbres symboliques Dressaient tout droit au ciel leurs fûts- religieux.

Le vent dans le lointain secouant des mélèzes', M'apportait les soupirs d'un orgue qui s'endort, Et dans cet air tiédi je crois sentir encor L'encens des résédas et le parfum des fraises.

Des faisans empourprés passaient discrètement, Mettant sur le sol nu leurs sveltes ombres bleues ; Et leur col zébré» d'or, l'arc de leurs grandes queues Dans les herbes jetaient des feux de diamant.

Eugène Vermerscii.

CANTiaUK

O Dieu qui fis les fleurs, l'eau pure, la nuit claire, Et l'aube frissonnante, et le soir triomphant', Dieu que la terre adore, et qui daignes te plaire Aux refrains du vieillard et du petit enfant.

1. Après avoir signifié d'abord démente royale, ce mot finit par désigner quelques églises principales.

2. Le mot fi'it (du latin fustis bois, bâton) s'applique aux tiges élancées des arbres et aux colonnes.

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