C'est peint d'après nature, et très poétiquement
3. Plante aromatique de la famille des labiées. On l'appelle aussi le thé de Fin II ce.
POÉSIES IMTTURESQL'ES l6l
Et quelle émotion lorsqu'un léger frou-frou
Annonçait la fauvette apportant la pâture,
Et qu'en bien l'épiant on trouvait d'aventure
Son nid plein d'oiseaux nus et qui tendaient le cou'!
Quel bonheur, quand le givre' avait garni de perles Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent, — Précoces braconniers s — de revenir souvent Tendre en vos corridors des lacets pour les merles!
Mais il fallut quitter les genêts et les monts. S'en aller au collège étudier des livres. Et sentir, loin de l'air natal qui vous rend ivres. S'engourdir ses jarrets et siffler ses poumons:
Passer de longs hivers, dans des salles bien closes, A regarder la neige à travers les carreaux, Eternuant dans des auteurs petits et gros. Et soupirant après les oiseaux et les roses;
Et, l'été, se haussant sur son banc d'écolier, Comme un forçat qui, tout en ramant% tend sa chaîne. Pour sentir si le vent de la lande prochaine Ne vous apporte pas le parfum familier...
1. Ils tendent le cou et ouvrent le bec, ces pauvrets atl'amés et sans plumes.
2. Gelée blanche dont la poudre s'attache aux arbres, aux buissons, (lin vieux fran«;ais, i;unre, du latin viptra, serpent.)
5- BiaconniiT, celui qui chasse furtivement, sans permission, sur les terres d'autrui. Ce mol vient de bracon (braijiic, chien de chasse). Dans l'origine, c'était le valet qui dirigeait les brtuom. Quand le maître était absent, il chassait pour son compte.
j\. Les condamnes aux travaux forcés ramaient autrefois sur \cs galère f du roi : d'où galerie m.
l62 ANTHOLOGIE CLASSIQUE