Petit oiseau de l'ordre des passereaux
POÉSIES PITTORESQUES lÔf
L'honneur est assez grand, si la charge est trop forte.
J'entends le vent d'aval' qui murmure tout bas :
« Couraoc, vieux lutteur, la NiL'ne est bientôt morte'! »
Paul H a w i i
LES POMMIHKS
Quand les récoltes sont rentrées
Et que l'hiver est revenu,
Des arbres, en files serrées.
Se déroulent sur le sol nu.
Ils n'ont pas le port droit des ormes.
Ni des chênes les hauts cimiers;
Ils sont trapus', noirs et difformes :
Pourtant qu'ils sont beaux, mes pommiers
Leurs ranes épais couvrent la plaine Et la vallée et les plateaux; En droite ligne et d'une haleine Ils escaladent les coteaux; Tout leur est bon, le pré, la lande; Mais, s'il faut du sable aux palmiers, 11 faut de la terre normande A la racine des pommiers!
Quand Mai sur leur tête arrondie Pose une couronne de fleurs <, Les filles de la Normandie N'ont pas de plus fraîches couleurs;
1. .-Ivitl (qui va vers la vallée), oppose à jtnoni (qui va vers la moii-
2. Par suite du phylloxéra. Alors, vive le cidre! î. (Vost-à-dirc gros, courts et vigoureux.
4. Ils sont jxïudrc'; à blanc par la floraison printanièrc : c'est une neige odorante.
l66 ANTHOLOGIE CLASSIQUE
Leurs floraisons roses et blanches Sont la gloire de nos fermiers :
Heureux qui peut voir sous leurs branches Crouler la neige des pommiers!
Les matinales tourterelles
Chantent dans leurs rameaux touffus,
Et les geais y font des querelles
Aux piverts' logés dans leurs fûts ;
Les grives s'y montrent très dignes,
Et tendres comme des ramiers;
Elles se grisent dans les vignes,
Mais font leurs nids dans les pommiers!
Charles Frémixe.
LE PHARE
Pour un poète errant que l'avenir effare % Et qui songe à finir ses jours dans un couvent, Pour un rêveur, quel rêve! être gardien d'un phare. Vivre sur un écueil, dans l'écume et le vent.
Loin des villes de plâtre où l'ennui me talonne. Loger dans une tour de granit et de fer. Être, comme un héros, l'hôte d'une colonne % Et la nuit, comme un astre, illuminer la mer.
Au lieu des bois, des champs, des cités, des visages. Dont l'âge et les saisons altèrent le tableau, Contempler à loisir d'éternels paysages A jamais composés de ciel, de pierre et d'eau.