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LA LUNE

Astre aux rayons dores, que ta splendeur est douce

Quand ni cours sur les monts, quand tu dors sur la mousse,

Que tu trembles sur l'herbe ou sur les blancs rameaux,

Ou qu'avec l'alcvon tu flottes sur les eaux!

Mais pourquoi t'éveiller quand tout dort sur la terre :

Astre inutile à l'homme, en toi tout est mystère;

Tu n'es pas son fanal ', et tes molles lueurs

Ne savent pas mûrir les fruits de ses sueurs;

Il ne mesure rien aux clartés que tu prêtes,

11 ne t'appelle pas pour éclairer ses fétcs;

Mais, fermant sa demeure aux célestes clartés,

Il s'éclaire de feux à la terre empruntés.

Quand la nuit vient t'ouvrir ta modeste carrière,

Tu trouves tous les veux fermés à ta lumière,

Ht le monde, insensible à ton morne retour,

Froid comme ces tombeaux objets de ton amour'!

A peine, sous ce ciel où la nuit suit tes traces,

Vn œil s'.»perv;oit-il seulement que tu passes.

Hors un pauvre pêcheur soupirant vers le bord.

Qui, tandis que le vent le berce loin du port,

Oemande à tes ravons de blanchir la demeure

Où de son long retard ses enfants comptent l'heure.

Vx quelque malheureux qui, l'oeil fixé sur toi -,

Pense au monde invisible, et rêve ainsi que moi !

A . DE La m a r 1 1 n l .

1. L.iiitcrnc de n.ivirc, plurc. Au figure, ce qui sert de guide,

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