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LES TAUREAUX

Voyez paître aux bords des marais Ces taureaux dont les rudes traits.

Le fanon superbe, Attirent plus d'un voyageur, Qui les regarde, tout songeur,

De près tondre l'herbe.

1. -\lliision .» Jupiter déguise en taureau pour enlever la jeune l'uropc.

2. Fanon, pe.iu qui pend sous la gorge des taureaux (du latin pannus, dr.»pcau).

;. C'est le point du ciel qui est au-dessus de nos tclcs, en ligne vcrucalo. A midi, le soleil darde ses rayons ï pic.

214 ANTHOLOGIb CLASSIQUE

On voit s'agiter les roseaux Partout où leurs larges naseaux

Soufflent leur haleine : Leurs yeux ont des reflets sanglants.

Leur poil flotte sur leurs fronts blancs

En touffes de laine.

Dans ces taureaux à l'œil de feu L'Egypte aurait choisi son Dieu';

Pour ses sacrifices Rome eût pris le plus argenté, Le plus fier, qui passe en beauté

Les blanches génisses.

Leurs cornes menacent le ciel Et perceraient d'un coup mortel,

En rase campagne, Le plus vaillant toréador - Qui moissonne la gloire et l'or

Aux cirques d'Espagne.

Restez libres dans le désert.

Broutez le pâturage vert.

Fuyez nos entraves!

Loin des tyrans et des bourreaux.

Paissez en liberté taureaux:

Les bœufs sont esclaves.

Pii-RKu Dupont

1. On sait que les Hgyptiens adoraient comme des dieux certains animaux.

2. Dans les combats de taureaux, les Hspagnols distinguent le picador, le lorôuior et le matador qui combattent la bête, l'un à cheval avec une pique, les autres à piçd avec une épéc.

POfSIES PITTORESQUES 21^

LA CAVAI.l

O jeune cavale, au regard farouche.

Qui cours dans les prés d'herbe grasse emphs.

L'écume de neige argenté ta bouche,

La sueur ruisselle à tes flancs polis.

Vigoureuse enfant des plaines de Thrace ',

Tu hennis au bord du fleuve mouvant.

Tu fuis, tu bondis, la crinière au vent :

Les daims auraient peine à suivre ta trace.

Mais bientôt, ployant sur tes jarrets forts.

Au hardi dompteur vainement rebelle.

Tu te soumettras, humble et non moins belle.

Ht tes blanches dents rongeront le mors!

L F. C o N T F DE L I S L E .

LIS l'Ol'LICIIhS -

lYissonnantes, ridant leur peau gris-pommelé Au moindre frôlement des zéphvrs et des mouches. Les pouliches, non loin des grands taureaux farouches, Trc^rrinent sur les bords du pacage isolé.

Dressant leurs jarrets tins et leur cou chevelu. Elles tremblent de peur au bruit du train qui passe. Bt leurs yeux inquiets interrogent l'espace Depuis I arbre lépreux» jusqu au rocher velu •.

1. Cette esquisse est empruntée aux Pohnts antùjufs, où M. Lccontc de Lisle rivalise avec les maîtres de la poésie grecque. La Thrace est une région de l'Europe ancienne, située .ni nord de la Grèce, et qui forme aujourd'hui une p.irtie de 1.» Rouniclie.

2. Ce sont les jeunes cavales, jusqu'à l'ijïc de trois ans. }. Dont l'ccorce est couverte d'aspérités rugueuses.

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