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II dormait, roi déchu, le grand lion sans antre. Dans sa geôle aux larges barreaux' ;
I » respiration lui soulevait le ventre,
Longue et paisible, à temps égaux.
L'(L'il plein de visions sous sa lourde paupière. Sans doute il songeait v . ,r
\ux bois où l'on vit libre, aux ca\. ic pierre
Aux sources sous le firmament.
I I foule des passants, curieux sans courage.
Regrettaient de ne pas le voir Lk'boui et frémissant s'indigner de sa cage.
Quoi! e cat là le vaincu, ^i noble, si farouche, Qiie l'on admire et que l'on craint!
l'n baladin- le montre, un gardien vil le touche Et mêle ses doigts à son crin!
sens de prison.
■ :,';.i:n est un mot provcnyal qui dcrivc de ttilar, dân>cr.
« Qu il se lève du moins ! Allons ! des coups de tringle I »
Le gardien dit alors : « Debout! »
Et sa barre de fer le torture et le cingle,
Avec un bruit sourd, coup sur coup.
Le lion s'est levé... Pour la main qui le fouaille
Il n'a qu'un mépris nonchalant...
Comme un homme dirait : « Vous m'ennuyez ! » lui, baille,
Et retombe sur l'autre flanc.
Car il sait, le lion, il sait qu'on le tourmente
Lâchement, en sécurité; Que la révolte est vaine, et sa force impuissante.
Qu'il n'est rien sans la liberté!
Jean Aicard.