L'AIR LIBRE
Les corbeaux vont en troupe, et sur le bleu des airs
S'étend le voile épais des ailes ténébreuses;
Ils frôlent en criant les collines pierreuses
Et s'endorment la nuit dans les vallons déserts.
Mais parfois, l'un d'entre eux, fait captif au passage.
S'accoutume aux douceurs de sa large prison,
Et parait redouter le lointain horizon
Qu'il sillonnait jadis, ainsi qu'un noir présage'.
Il s'en va, sautillant sur ses ongles vernis. Tirant d'un bec pointu l'abondante pâture, Sans penser au grand ciel de la libre nature Dont il montait hier les chemins infinis.
I. Les corbeaux étaient réputés, chci: les anciens, des messagers de *
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rolSIES PITTORESQUES 227
Il vit sans un regret, content de sa paresse; Mais les autres, en nombre, accourus de bien loin, Un jour, riront surprendre et tuer dans un coin : Car sa tête a ployé sous l'humaine caresse.
Ils ont le val obscur et ses rectangles' verts, Avec la source fraîche et les taillis pleins d'ombre, Les prés, les buissons drus, les gibets, la nuit sombre. Les horizons sereins devant eux grands ouverts!
.Malheur donc à celui qui vit dans le servage!
Ses congénères' noirs viendront, poussant des cris.
Le dépecer vivant, et jeter ses débris
Aux quatre coins du ciel dans un banquet sauvage >.
Jkan Griselin.