Cette périphrase remplace le mot iïeticcnsoir. y
UN'K LÉGENDH»
En ce temps-là', Jésus, seul avec Pierre, errait Sur la rive du lac, près de Ccnësareth', A l'heure où le brûlant soleil de midi plane, Quand ils virent, devant une pauvre cabane, La veuve d'un pêcheur, en longs voiles de deuil. Qui s'était tristement assise sur le seuil. Retenant dans ses yeux la larme qui les mouille. Pour bercer son enfant et filer sa quenouille. Non loin d'elle, cachés par des figuiers touffus, Le maître et son ami vo\ aient sans erre vus.
:>oudain, un de ces vieux dont le tombeau s apprête. Un mendiant, portant un vase sur sa tète, Vint à passer, et dit à celle qui filait : « Femme, je dois porter ce vase plein de lait Chez un homme logé dans le prochain village. Mais, tu le vois, je suis faible et brisé par l\ijc Les maisons sont encore à plus de mille pas. Et je sens bien que, seul, je n'accomplirai pas Ce travail, que l'on doit me payer une obole*. >
La femme se leva sans dire une parole. Laissa, sans hésiter, sa quenouille de lin, Et le berceau d'osier où pleurait l'orphelin. Prit le vase, et s'en fut* avec le misérable.
Et Pierre dit:
a II faut se montrer secourable.
:. Ce récit débute comm-- n-i T^vm.'nc.
. Luc de Palestine; il . lac de ":
y. L'obole, pelitc monii...L j^.^^^i.^, valait s<...^ vw..w...v.
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monnaie.
\. Est-il besoin de - ' -' - -
Elle est une couven.i
des humbles.
2ùfi ANTHOLOGIE CLASSIQUE
Maître 1 mais cette femme a bien peu de raison D'abandonner ainsi son fils et sa maison, Pour le premier venu qui s'en va sur la route". A ce vieux mendiant, non loin d'ici, sans doute Quelque passant eût pris son vase, et l'eût porté. »
Mais Jésus répondit à Pierre :
« En vérité, Quand un pauvre a pitié d'un plus pauvre, mon Père Veille sur sa demeure et veut qu'elle prospère. Cette femme a bien fait de partir sans surseoir'. »
Quand il eut dit ces mots, le Seigneur vint s'asseoir
Sur le vieux banc de bois, devant la pauvre hutte;
De ses divines mains, pendant une minute.
Il fila la quenouille et berça le petit;
Puis, se levant, il fit signe à Pierre, et partit.
Et, quand elle revint à son logis, la veuve, A qui de sa bonté Dieu donnait cette preuve. Trouva — sans deviner jamais par quel ami — Sa quenouille filée et son fils endormi.
F. CoppiIe.
LA FAUVHTT1-: \^V CALVAIKlf
Lorsque de ses douleurs le blond fils de Marie, Mourant, réjouissait Sion et Samarie\ Hérode, Pilate et l'enfer.
1. Chez Pierre, le premier moiivemein ii'ebt pas toujours heureux. C'est lui qui, plus tard, reniera son maître.
2. Sans différer. Proprement, ce mot veut dire, en justice, remettre une affaire à une autre séance.
î. Sion, nom de la montagne de Jérusalem, désigne aussi la ville même. Samarie, en Palestine, était la capitale du rovaume d'Israël.
Son agonie émut d'une pitié profonde Les anges dans le ciel, les femmes en ce monde. Et les petits oiseaux dans l'air.
Ht sur le Golgotha ■ noir de peuple infidèle.
Quand les vautours, à grand bruit d'aile. Flairant la mort, volaient en rond,
Sortant d'un bois en fleur au pied de la colline. Une fauvette pèlerine \
Pour consoler Jésus, se posa sur son front.
Oubliant pour la croix son doux nid sur la branche. Elle chantait, pleurait, et piétinait en vain. Et de son bec pieux mordait Tépine blanche. Vermeille, hélas! du sang divin ;
Et l'ironique diadème Pesait plus douloureux au front du moribond. Et Jésus, souriant d'un sourire suprême.
Dit à la fauvette : « A quoi bonr...
« A quoi bon te rougir aux blessures divines? Aux clous du saint gibet » à quoi bon t'écorcherr 11 est, petit oiseau, des maux er des épines Que du front et du cœur on ne peut arracher.
« La tempête qui m'environne Jette au vent ta plume et ta voix.
Et ton stérile effort au poids de ma couronne.
Sans même rcffcuillcr. ajoute un iiouvcui poid*;. i
La fauvette comprit, et, dcpluxar.t sun aile. Au perchoir épineux déchirée à moitié, Dans son nid, que ber<;ait la branche maternelle. Courut ensevelir ses chants et sa pitié.