‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 290 sur 444 · LA PRIERE POUR TOUS · texte numérisé non relu

LA PRIERE POUR TOUS

Ma fille! va prier! — Vois, la nuit est venue.

Une planète d'or là-bas perce la nue;

La brume des coteaux fait trembler le contour;

A peine un char lointain glisse dans l'ombre... Écoute!

Tout rentre et se repose, et l'arbre de la route

Secoue au vent du soir la poussière du jours !

1. C'est une paraphrase de VOraison Dominicale. Il y a, dans ce vers, une expression obscure : dont la présence creuse. Cela veut dire que Dieu, ou l'infini, est partout.

2. « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous les pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

3. C'est l'opposition de la chair et de l'esprit, du corps et de ràmc.

4. Que l'épreuve, c'est-à-dire le malheur, ne soit pas au-dessus de nos forces.

5. 11 y a dans toute cette strophe une impression de recueillement religieux.

POÉSIES MORALFS 275"

C*est l'heure où les enfants parlent avec les anges. Tandis que nous courons à nos plaisirs étranges; Tous les petits enfants, les yeux levés au ciel. Mains jointes et pieds nus, à genoux sur la pierre • , Disant à la même heure une même prière, Demandent pour nous grâce au Père universel !

ht puis ils dormiront. — Alors, épars dans l'ombre. Les rêves d'or, essaim tumultueux, sans nombre. Qui naît aux derniers bruits du jour à son déclin, Vovant de loin, leur souffle et leurs bf : -^ vermeilles. Comme volent aux fleurs de joveuses . ,

Viendront s'abattre en foule à leurs rideaux de lin!

O sommeil du berceau! prière de l'enfance! Voix qui toujours caresse et qui jamais n'offense! Douce religion qui s'égaye et qui rit!

Prélude du concert de la nuit solennelle! Ainsi que l'oiseau met sa tête sous son aile, ! 'enfant dans la prière endort son jeune esprit 'A

Ma fille, va prier! — D'abord, surtout pour ceTfw^.^^ Qui bcr*;a tant de nuits ta couche qui chancelle. Pour celle qui te prit jeune âme dans le ciel, Fr qui te mit au monde, et depuis, tendre mère, l lisant deux parts pour toi dans cette vie amère. Toujours a bu l'absinthe et t'a laissé le miel ',

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