‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 291 sur 444 · Victor Hugo est le pot- : d« eiiÉints ! il Icn · texte numérisé non relu

Victor Hugo est le pot- : d« eiiÉints ! il Icn

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276 ANTHOLOGIE CI.ASSIQUfc

Puis ensuite pour moll J'en ai plus besoin qu'elle! Elle est, ainsi que toi, bonne, simple, fidèle! Elle a le cœur limpide et le front satisfait. Beaucoup ont sa pitié, nul ne lui fait envie; Sage et douce, elle prend patiemment la vie; Elle souffre le mal sans savoir qui le fait'.

Elle ignore — à jamais ignore-les comme elle! — Ces misères du monde ou notre âme se mêle, Faux plaisirs, vanités, remords, soucis rongeurs. Passions sur le cœur flottant comme une écume. Intimes souvenirs de honte et d'amertume, Qui font monter au front de subites rougeurs!

Va donc prier pour moi ! — Dis pour toute prière : « Seigneur, Seigneur, mon Dieu, vous êtes notre Père, Grâce, vous êtes bon ! grâce, vous êtes grand ! » Laisse aller ta parole où ton âme l'envoie - ; Ne t'inquiète pas, toute chose a sa voie, Ne t'inquiète pas du chemin qu'elle prend !

Il n'est rien ici-bas qui ne trouve sa pente.

Le fleuve jusqu'aux mers dans les plaines serpente.

L'abeille sait la fleur qui recèle le miel.

Toute aile vers son but incessamment retombe :

L'aigle vole au soleil, le vautour à la tombe,

L'hirondelle au printemps, et la prière au ciel!

Lorsque pour moi vers Dieu ta voix s'est envolée, Je suis comme l'esclave, assis dans la vallée. Qui dépose sa charge aux bornes du chemin ; Je me sens plus léger: car ce fardeau de peine, De fautes et d'erreurs qu'en gémissant je traîne, Ta prière en chantant l'emporte dans sa main ' !

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