‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 292 sur 444 · Ce vers est tout un tableau · texte numérisé non relu

Ce vers est tout un tableau

Prie aussi pour ceux que recouvre La pierre du tombeau dormant ', Noir précipice qui s'entr*ouvre Sous notre foule a tout moment!

Toutes ces âmes en disgrâce Ont besoin qu'on les débarrasse De la vieille rouille du corps.

Souffrent-elles moins pour se taire?

Enfants! regardons sous la terre :

11 faut avoir pitié des morts.

A genoux, à genoux, à genoux sur la terre Où ton père a son père, où ta mère a sa mère, Où tout ce qui vécut dort d'un sommeil profond! Ahime où la poussière est mêlée aux poussières. Où sous son père encore on retrouve des pères. Comme l'onde sous l'onde en une mer sans fond.

Ce n'est pas moi, dont l'àme est vaine. Pleine d'erreurs, vide de foi.

Qui prierais pour la race humaine.

Puisque ma voix suffit à peine, Seigneur, à vous prier pour moi.

Non, si pour la terre méchante Quelqu'un peut prier aujourd'hui, C est toi, dont la parole chante.

C'est toi! ta prière innocente.

Enfant, peut se charger d'autrui!

Pour ceux que les vices consument.

Les enfants veillent au saint lieu ; Ce sont des fleurs qui le parfument.

Ce sont des encensoirs qui fument.

Ce sont des voix qui vont à Dieu !

I. C'cst-i-dirc qui donne le sommeil. Cc^x ainsi que Racine a dit

... QmîHe^ la cof Où fomi tntt^tlit «m/ mi'lli

Laissons faire ces voix sublimes, Laissons les enfants à genoux; Pécheurs, nous avons tous nos crimes; Nous penchons tous sur les abîmes ; L'enfance doit prier pour tous ' !

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