C'est-à-dire mince et fragile, prête à se dissoudre
^. Dans ces trois strophes, le poète idéalise la bulle de savon : il en lait une sorte de ballon divin, qui court le ciel et reflète les spectacles les plus variés. C'est qu'il veut symboliser ainsi la rêverie et son charme trompeur.
Sous le soleil dont tous les feux ensemble. En s'v doublant, s'y croisent ardemment. Elle s'irise ' et rayonne, et ressemble A quelque énorme et léger diamant.
Mais il suffit que près d'elle se joue Une humble mouche, un flocon dans les airs, Et soudain crève, et tombe, et devient boue, La vagabonde où brillait l'univers!
La rêverie est de courte durée :
Frêle plaisir que la raison défend.
Elle est pareille à la belle azurée Qu'enfle une paille aux lèvres d'un enfant.
Sully P r u d h o m m f. ,
PLEURS ET ROSËES»
Je rêve, et la pâle rosée Dans les plaines perle sans bruit, Sur le duvet des fleurs posée Par la main fraîche de la nuit.
D'où viennent ces tremblantes gouttes?
11 ne pleut pas, le temps est clair.
C'est qu'avant de se former, toutes Elles étaient déjà dans l'air.
D*où viennent mes pleurs? Toute flamme.
Ce soir, est douce au fond des cicux - ; C'est que je les avais dans l'âme Avant de les sentir aux yeux.