Un luthier ùbrique des instruments de musique
3. .\L Sainte-lkuve dit : « Je ne s.iis si cette manière d'essayer des stradivarius en les brisant et en les rajustant est tout à f;iit conforme aux règles du métier; un luthier en sait l.à-dessus plus long que moi: c'est, dans tous les cas, une belle f;ible. Mais voici une image qui, moins noble, présente le même sens et se trouve d'une parfaite vérité. Le pommier, s'il pousse trop bien en pleine terre, et avec une végétation trop luxuriante, ne donne i^ue peu de fruits. Les habiles jardiiiicr> le savent: et, pour le faire fructJher, ils plantent un coin de bois dans une de ses plus grosses racines, et l'enfoncent bien avant : la sève s'écoule par là, et l'arbre donne toutes ses pommes. Le talent est comme le pommier : le poète, pour porter tous ses fruits, a besoin d'avoir resu aux racines de la vie sa blessure. Les organisations trop heureuses sont sujettes à pousser tout en bois et en feuillage. »
Ainsi le coeur n'a de murmures Que brisé sous les pieds du sort!
L'âme chante dans les tortures.
Ht chacune de ses blessures Lui donne un plus sublime accord '
A . Uï L A M A K T I K C .