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L'AME DU POÈTE

Beau lac, j'ai vu, de ce bois sombre, Tes flots s'embraser au soleil; Ils brillaient de couleurs sans nombre.

De bleu, d'orangé, de vermeil.

Mais cet azur, ces roses vives.

Cet or qui serpente là-bas.

Ces rayons qui baignent tes rives.

O lac, ne t'appartiennent pas!

1. J'aime mieux ce vers que les précédents, dont le sens re^ti, obscur.

2. Voici encore une délinition de la poésie, et très belle, à mon

^ens

Élre poêle, c'est comprendre Ce que le coeur a d'infini ; Plaindre le pauvre et le banni, Avoir la main prête à se tendre.

Être poète, c'est souffrir D'une espe'ranct inassouvie ; C'est donner mille fois sa vie Et pourtant n'en jamais mourir.

Ce n'est pas de tes flots quVmanc Ta clarté si douce à mes veux; L'azur de ton sein diaphane.

Beau lac, n'est qu'un reflet des cieux.

Sur ton lit de roc et de sable, Tu n'as reçu, pour don natal.

Que ta transparence immuable Et tes profondeurs de cristal.

Les couleurs dont ton eau rayonne.

Le soleil en toi répété, Cet éclat qu'un beau jour te donne.

Tu les dois à ta pureté,

A tes ondes immaculées Comme les neiges des sommets :

Dans la source et l'âme troublées Les cieux ne se peignent jamais '.

Toi donc, si tu veux, ô poète.

Vivant miroir de l'univers.

Qu'animant ton œuvre imparfaite, Le vrai soleil brille en tes vers';

Si tu veux qu'à travers ses voiles.

Un meilleur monde, en souriant, Reflète en ton sein les étoiles Et les roses de l'Orient;

Que l'homme à ta voix se console, Et, comme au bord de ce lac bleu.

Qu'il se penche sur ta parole Pour voir passer l'esprit de Dieu;

t. ParUiu de l'inspiration poctiquc, Lamartine a dit

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•JOO ANTHOLOGIE CLASSIQUE

Qu'enfin radorabic nature Respire et vive en tes tableaux...

— Carde ton âme toujours pure Et profonde comme ces eaux'.

De Lai'kadi:

LA POHSIH KT LA DOULLLK

Le luthier' qui crée une voix

Jette son instrument à terre,

Foule aux pieds, brise comme un verre

L'œuvre chantante de ses doigts;

Puis une main que l'art inspire, Rajustant ces fragments meurtris, Réveille le son, et l'admire, Et trouve une voix à sa lyre Plus sonore dans ses débris'!...

Retenez aussi ces beau.\ vers de Musset

.■Ih! frappe- loi le cœur, c'est là qu'est le petite

C'est là qu'est la pltir, la souffrance et l'amour Z'est là qu'est le rocher du désert de la vie.

D'où les flots d'Imrmoiiic, Quaud Moïse viendra, jailliront quelque jour.

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