‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 327 sur 444 · Et surtout le latin, dira-t-on aujourd'hui · texte numérisé non relu

Et surtout le latin, dira-t-on aujourd'hui

Les vrais bons coeurs sont transparents; On y voit toutes leurs tendresses.

Ah ! chers petits indifférents, Gâtez un peu vos vieux parents; Leur bonheur est dans vos caresses !

C'est beaucoup d'avoir hi bonté; Montrez-la bien; qu'on en jouisse !

11 faut que, dès avant l'été.

En fleurs de grâce et de gaîté Votre bon cœur s'épanouisse'.

Voyez ! dans le meilleur terrain.

Parmi les blés hauts et superbes, C'est Dieu qui mêla, de sa main, Le bluet d'azur au bon grain, Le pavot rouge à l'or des gerbes-'.

Vous, ainsi, savants, mais joyeux.

Charmez la maison paternelle.

Q^Liand on a le sourire aux yeux, A la lèvre un mot gracieux, La vertu même en est plus belle.

Petits ingrats, mauvaises tètes, Méchants que je ne veux plus voir, Savez-vous le mal que vous faites Lorsque vous manquez au devoir?

. Qiii n'a pas de fleurs ne porte pas de fruits. L'étude qui assombrit, ste et dessèche est pire que l'ij^norance. . 11 y pousse même, héUts ! des herbes folles.

Sitôt que vous n'êtes pas sages, Nos amis, de très bonne foi, M'accablent de tristes présages Sur vous tous, et même sur moi.

« Je vous rends de mauvais services; J'ai gâté ces vilains enfants; Je suis cause de tous vos vices... »

A peine si je me défends' 1

Jamais le monde ne fait grâce ; Vous le saurez tous, mais trop tard; Et du châtiment qui menace Le pauvre père aura sa part.

Si par orgueil, ou par paresse.

Vous prenez de mauvais chemins.

Songez au nom que je vous laisse:

Ma mémoire est entre vos mains.

Vous savez le but de ma vie?

C'est vous. Et j'ai mis mon bonheur

A travailler, sans autre envie

Que d'accroître un peu votre honneur.

Vers ce but j'ai marché sans trêve.

Et j'y marcherai jusqu'au soir'.

Pauvres enfants, de mon beau rêve Vous pouvez me faire déchoir!

On dira: « Ce n'était, en somme.

Qu'un rimeur, à tort à travers; Mieux vaudrait nous laisser un homme Que ces dix volumes de vers.

1. On aime la bonhomie souriante de ces doléances paternelles. Il est certain qu'un père est le plus souvent responsable de ses entants.

2. Le soir, c'est la fin de la vie, l'heure où les fils, pères À leur tour, deviennent aussi responsables de leurs enf;ints.

' « Tous ces rimeurs, en vers, en prose. Ils prennent des airs triomphants...

Celui-là ne fut pas grand'chose S'il ressemblait à ses enfants'. »

Mais il me semble qu'on raisonne Et qu'on sourit-... Petits ingrats !

Ne vous montrez plus à personne...

Venez vous cacher dans mes bras.

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