‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 336 sur 444 · LA CHANSON DU VANNIER · texte numérisé non relu

LA CHANSON DU VANNIER

Brins d'osier, brins d'osier, Courbez-vous, assouplis sous les doigts du vannier.

Brins d'osier, vous serez le lit frêle où la mère Berce un petit enfant, aux sons d'un vieux couplet : L'enfant, la lèvre encor toute blanche de lait', S'endort en souriant dans sa couche légère'.

Brins d'osier, brins d'osier.

Courbez-vous, assouplis sous les doigts du vannier.

Vous serez le panier plein de fraises vermeilles Que les filles s'en vont cueillir dans les taillis^ Elles rentrent, le soir, rieuses, au logis. Et l'odeur des fruits mûrs s'exhale des corbeilles.

Brins d'osier, brins d'osier, Courbez-vous, assouplis sous les doigts du vannier.

1. Van, instrument d'osier, en forme de coquille, à deux anses, dont on se sert pour remuer le grain en le jetant dans l'air, afin de séparer la paille et les ordures d'avec le bon grain. Le vannier travaille l'osier.

2. Ce vers me rappelle cette admirable strophe de Victor Hugo sur Napoléon songeant à son fils dans sa captivité :

Non, ce qui l'occupait, c'est Vomhre blonde et rose D'un bel enfant qui dort, la bouche demi-close.

Gracieux comme l'Orient, Tandis quaiiec amour sa nourrice enchantée D'une goutte de lait, au bout du sein restée.

Agace sa lèvre en riant!

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