‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 342 sur 444 · LA VENDANGE · texte numérisé non relu

LA VENDANGE

Hier' on cueillait à l'arbre une dernière pêche, Et ce matin voici, dans l'aube épaisse et fraîche, L'automne qui blanchit sur les coteaux voisins. Un fin givre a ridé la pourpre des raisins. Là-bas voyez-vous poindre' au bout de la montée Les ceps aux feuilles d'or, dans la brume argentée^ L'horizon s'éclaircit en de vagues rougeurs, Et le soleil levant conduit les vendangeurs.

Avec des cris joyeux ils entrent dans la vigne; Chacun, dans le sillon que le maître désigne, Serpe en main, sous l'arbuste a posé son panier. Honte à qui reste en route et finit le dernier ! Les rires, les clameurs stimulent sa paresse. Aussi, comme chacun dans sa gaîté se presse !

1. Dans les Moissonneurs de Léopold Robert, le bouvier italien du tableau a précisément cette attitude.

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