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La nuit aux pieds d'argent descend dans lu rosée

A. DE Musset.

POÉSIES MORALrS 3^9

Presque au milieu du champ, déjà brille là-bas Plus d'un rouge corset entre les échalas'. Voici qu'un lièvre part : on a vu ses oreilles. Ln grive au cri perçant fuit et rase les treilles". Maigre les rires fous, les chants à pleine voix, Tout panier s'est déjà vidé plus d'une fois. Et bien des chars plovant sous l'heureuse vendan^^c. Escortés des enfants, sont partis pour la grange. Au pas lent des taureaux les voilà revenus. Rapportant tout l'essaim des marmots^ aux pieds nus. On descend, et la troupe à grand bruit s'éparpille. Va des chars aux paniers, revient, saute et grappille. Près des ceps oubliés se livre des combats. Qu'il est doux de les voir, si vifs dans leurs ébats. Préludant par des pleurs à de folles risées. Tout empourprés du jus des grappes écrasées ^

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Les vigneronnes de chez nous

Ont gardé l'ancienne habitude

De chanter, quand l'ouvrage est rude.

Un air très vieux d'un ton très doux.

On les entend sur le coteau.

De l'aube à la nuit, sans relâche, Dire, pour alléger leur tache, Les vertus du raisin nouveau :

1. Comme ce vers est pittoresque! Les ccbalas sont les pieux qui outienneiit la vigne.

2. Ikrceau de vigne ou ceps en espaliers. La grive est friande de r.iisins. On dit : « Soûl comme une grive. »

?. .\ signifié d'abord singe, puis petite figure grotesque. Aujourd'hui, v'est un htimbin.

.\. Voilà un vers qui fait tableau.

« Raisin nouveau, raisin vermeil, Garde la chaleur du soleil,

« Et verse-la dans le tonneau, Raisin vermeil, raisin nouveau.

« Mets la jeunesse au corps des vieux Et le sourire dans leurs yeux;

« Donne la joie aux braves gens Et l'espérance aux indigents;

« A ceux qui pleurent, lagaîté; A ceux qui souffrent, la santé. »

Et ces rustiques litanies ■ Montent gaîment vers le ciel bleu.

Comme une louange au bon Dieu Par qui les vignes sont bénies;

Et s'envolant au bruit des voix, Les grives, de raisin gourmandes.

Vont chanter les grappes friandes Sur la lisière des grands bois.

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