‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 345 sur 444 · Une / v.st une p<.titL N\ ch.int · texte numérisé non relu

Une / v.st une p<.titL N\ ch.int

î. Qu'on .1 foule hier; c'cst-i-dirc le viti nouveau. .}. C-lief-Iicu de canton dans Pur Oise). On y récolle un petit viu ^i . ,

Un jour, dans la saison hésitante où la brise Sous les bois dépouillés berce les derniers nids, L'Homme, rôdeur velu ', fit sur la terre grise Rouler la grande branche aux deux rameaux unis.

Puis, l'ayant emportée au seuil de sa caverne, Avec un gonflement de veines dans le cou% Il la laissa trois jours dans l'eau d'une citerne^ Pour qu'elle fléchît mieux, tordue à son genou.

Et lorsque, dans l'orgueil bestial de la force. Les muscles contractés et la sueur au front. Il eut bien enlevé les feuilles de l'écorce. Bien poli les rameaux avec un caillou rond^.

Il cloua sous la branche une espèce de glaive i, Une lame élargie aux bords lisses et durs; Et, depuis ce jour-là, je déchire sans trêve Le sol tout glorieux du poids des épis mûrs^.

Car je suis le plus saint des outils, la charrue! J'ouvre les sillons gras au vol 7 des germes sourds; La gerbe, grâce à moi, s'entasse, haute et drue : J'ai ma part de fierté dans l'orgueil des blés lourds.

Je tressaille, je vibre aux étreintes de l'Homme; Je l'aide à féconder les éternels hymens^; Et, pendant qu'il s'en va, le bras déployé, comme S'il cueillait dans le ciel l'azur à pleines mains;

1. Le poète se transporte aux âges préhistoriques, à l'époque où l'homme, encore sauvage, habitait des cavernes.

2. Les veina; de son cou se gonflent, sans doute sous le poids de l'énorme branche.

5. Citerne (du latin cistcrna), réservoir pour les eau.\ de pluie. Assouplie par cette immersion, la branche sera plus flexible.

4. Nous sommes encore ici à l'âge de pierre : On ignore l'usage du fer.

5. C'est le soc, qui fut alors quelque silex pointu et tranchant, pour déchirer le sol.

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