‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 368 sur 444 · P O R C II A T · texte numérisé non relu

P O R C II A T

I. Les observations géodésiques et astronomiques combinées ont prouvé que la forme de la masse solide recouverte par les eaux est celle d'un sphéroïde. Les plus hautes montagnes, qui n'ont pas en élévation la millième partie du rayon terrestre, altèrent moins la régularité de cette forme que les inégalités que nous présente la peau d'une orange ; les eaux qui couvrent en partie la terre, en remplissant ses anfractuosités, forment la surface de niveau du sphéroïde. Cela étant, il est vrai de dire, avec l'auteur de ce petit poème, qu'on trouve le bout du inonde, c'est-à-dire qu'on a fait le tour du monde en revenant au point d'où l'on était parti.

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En Europe! en Europe-! — Espérez! — Plus d'espoir! — Trois jours, leur dit Colomb, et je vous donne un monde. » Et son doigt le montrait, et son œil, pour le v^r. Perçait de l'horizon l'immensité profonde; Il marche, et des trois jours le premier jour a lui ; Il marche, et l'horizon recule devant lui; Il marche, et le jour baisse. Avec l'azur de Tonde L'azur d'un ciel sans borne à ses yeux se confond. Il marche, il marche encore, et toujours; et la sonde ' Plonge et replonge en vain dans une mer sans fond.

Le pilote en silence, appuyé tristement

Sur la barre s qui crie au milieu des ténèbres,

Écoute du roulis "t le sourd gémissement

Et des mâts fatigués les craquements funèbres.

Les astres de l'Europe ont disparu des cieux;

L'ardente Croix du Sud » épouvante ses yeux.

Enfin l'aube attendue, et trop lente à paraître.

Blanchit le pavillon de sa douce clarté;

« Colomb, voici le jour! le jour vient de renaître!

Le jour! et que vois-tu? — Je vois l'immensité, y-

Le second jour a fui. Que fait Colomb? Il dort,

La fatigue l'accable, et dans l'ombre on conspire*...

1. Le poète suppose un di.iloguc entre Colomb et son équipage dcuini^c. qui Tout reprendre la route de l'Europe.

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