V. Hugo
Nous laissâmes tomber notre ancre dans la vase
Où l'antique Sidon% près jd' un cap qui s'évase,
Rassemblait autrefois, sous ses quais de granit.
Ses voiles comme autant d'aiglons rentrés au nid.
Le temps n'a rien laissé de sa ruine immense
Qu'un môle 5 renversé qui dort au fond d'une anse,
Du sable dont la lune éclairait la blancheur,
Et l'écume lavant la barque d'un pêcheur.
Que ton éternité nous frappe et nous accable,
Dieu des temps ! quand on cherche un peupledans du sable
Et que d'un vaste empire, où l'on descend la nuit,
La rame d'une barque, hélas ! est tout le bruit !
A. DE Lamartine.
1, ])m\s les Poèmes de la mer, J. Autran exprime ainsi la plainte de^ naufmgés :
.41)! pouviotis-iious prévoir, quand vous sommes par lis, Que nous serions, Ixlas ! loin de vous engloutis
Sous l'épais linceul des eaux noires:
Et que les souvenirs que nous avions laissés, Plus vite que des mots sur le sable tracés.
Seraient rayés de vos mémoires!
2. Aujourd'hui Saïda, ville célèbre de Phcnicie, un peu au nord de 'l'yr. C'était la capitale d'un État riche par le commerce et l'industrie. Sa pourpre était renommée.
5. Un mâle est une jetée de pierres construite à l'entrée d'un pot pour rompre les vagues.
POÉSIES MORALES ^6j