‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 377 sur 444 · I. Oui, l'amour de U patrie résomc et suppose les plus f^én · texte numérisé non relu

I. Oui, l'amour de U patrie résomc et suppose les plus f^én

sentiments du cccut humain. Il rcprcscnlc le passé, !c présent, l'.i toutes les itTcctions. tous les intérêts, tous les devoirs. Il doit surM\r^ j Ij vie mciiK'.

Tu ne sens point du Nord les glaçantes horreurs;

Le Midi de ses feux t'épargne les fureurs '.

Tes arbres innocents n'ont point d'ombres mortelles -

Ni des poisons épars dans tes herbes nouvelles

Ne trompent une main crédule; ni tes bois

Des tigres frémissants ne redoutent la voix;

Ni les vastes serpents ne traînent sur tes plantes

En longs cercles hideux leurs écailles sonnantes'.

Les chênes, les sapins et les ormes épais

En utiles rameaux ombragent tes sommets,

Et de Beaune et d'Aï ^ les rives fortunées.

Et la riche Aquitaine, et les hauts Pyrénées ^

Sous leurs bruyants pressoirs font couler en ruisseaux

Des vins délicieux mûris sur tes coteaux.

La Provence odorante^ et de Zéphire aimée

Respire sur les mers une haleine embaumée,

Au bord des flots couvrant, délicieux trésor,

L'orange et le citron de leur tunique d'or,

Et plus loin, au penchant des collines pierreuses,

Forme la grasse olive aux liqueurs savoureuses.

Et ces réseaux légers, diaphanes habits.

Où la fraîche grenade enferme ses rubis'.

Sur tes rochers touffus la chèvre se hérisse;

Tes prés enflent de lait la féconde génisse.

Et tu vois tes brebis, sur le jeune gazon,

Page 1