‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 389 sur 444 · V . DE L A I> R A D · texte numérisé non relu

V . DE L A I> R A D

LE DËFILH

Dans le faubourg planté d'arbustes rabougris».

Où le pâle chardon pousse au bas des murs gris.

Sur le trottoir pavé que limitent des bornes,

Lentement, en grand deuil tous deux, tristes et mornes,

lit vers le couchant d'or d'un juillet étoufîant,

Vont ensemble une mère et son petit enfant.

La mère est jeune encore; elle est pauvre, elle est veuve.

Résignée, et pourtant droite encor sous l'épreuve.

File songe sans doute au sombre lendemain;

Ht le petit gar*;on qu'elle tient par la main

A déjà dans ses yeux agrandis par les jeûnes

L'air grave des enfants qui s'étonnent trop jeunes .

Ils marchent, regardant le coucher du soleil.

Mais voici que, parmi le triomphe vermeil Des nuages de pourpre aux franges d'écarlate. Là-bas, soudaine et fière, une fanfare éclate'; Ht, poussant devant eux clairons et timbaliers, \pparaissent au loin les premiers cavaliers i>'un pompeux régiment qui vient de la parade*.

1. Chétifs, mal conformés : ils s'étiolent dans un sol pauvre, sous un

ici p.iIo.

2. Li pitic pour les faibles et les humbles est une des sources d'ius pi ration chez .M. C'.oppce.

}. Vue fil H fuie est un air vif et brillant exécuté par des inviniM.,-!.», cuivre.

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