LA BATAILLE
Là-bas, vers l'horizon du frais pavs herbeux
Où la rivière, lente et comme désœuvrée*.
Laisse boire à son gué de longs troupeaux de bœufs.
Une grande bataille autrefois fut livrée.
C'était, comme aujourd'hui, par un ciel de printemps. Dans ce jour désastreux, plus d'une fleur sauvage Qui s'épanouissait, flétrie en peu d'instants. Nova tous ses parfums dans le sang du rivage.
La bataille dura de l'aube jusqu'au soir;
Ht, surpris dans leur vol, de riches scarabées-.
De larges papillons jaunes striés* de noir
Se traînèrent mourants parmi les fleurs tombées.
La rivière était rouge : elle roulait du sang. Le bleu martin-pècheur en souilla son plumage; Ht le saule penché, le bouleau frémissant. Essayèrent en vain d'v trouver leur image*.
Le biez'' du moulin Neuf en resta noir longtemps. Le sol fut piétiné, des ornières creusées. Ht l'on vit des bourbiers sinistres, miroitants. Où les troupes s'étaient à grand choc écrasées.