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C'est-à-dire : Retournez au fover maternel

« Si je te reviens, c'est qu'ils sont partis. » Non, je ne veux pas quitter notre armée, Tant que les Prussiens sont dans mon pavs. »

Pendant quelques jours le sort nous fit fête. Et les Allemands fuyaient devant nous.

Mais ils s'étaient fait un camp de retraite; Devant ces fossés leur fuite s'arrête.

Et tous ces renards rentrent dans leurs trous. Pendant quelques jours le sort nous fit fête, Et les Allemands fuyaient devant nous.

Les remparts sont hauts, la plaine est immense,

Tout ce qui s'approche est bientôt détruit.

On fuit, on revient, l'assaut recommence;

Et le régiment des turcos s'élance,

Et le régiment des turcos périt...

Les remparts sont hauts, la plaine est immense,

Tout ce qui s'approche est bientôt détruit.

L'enfant est tombé, frappé d'une balle; Mais un vieux soldat l'a pris sur son dos; 11 ne connait pas la fuite fatale; La mort a déjà cerné son front pâle; Ses yeux sans regards sont à demi clos. L'enfant est tombé, frappé d'une balle; Mais un vieux soldat l'a pris sur son dos.

Et le grand Arabe est là qui le garde.

Au bord d'une source, au fond d'un ravin.

Au loin le canon mugit et bombarde;

Levant doucement sa tête hagarde.

Son regard mourant s'anime soudain.

Et le grand Arabe est là qui le garde.

Au bord d'une source, au fond d'un ravin.

« Où sont les Prussiens? Réponds, réponds vite. Les avons-nous bien vaincus, cette fois? Sommes-nous en France, et sont-ils en fuite? » Et l'enfant, vovant que l'Arabe hésite,

4o8 ANTHOLOGIE CLASSIQUE

Reprit tristement, de sa douce voix :

« Où sont les Prussiens? Ah! réponds-moi vite,

Dis, les avons-nous vaincus, cette fois? »

Et le vieux turco se prit à lui dire :

« Oui, petit Français, tu les as vaincus.

— Alors, je m'en vais. Veux-tu me conduire'?

O ma chère mère!... » Et dans ce sourire.

L'enfant s'endormit et ne parla plus.

Et le vieux turco ne cessait de dire :

« Oui, petit Français, tu les as vaincus. »

Paul Déroulède.

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