C'est celui qui garde le camp, aux avant-postes
POÉSIES PATRIOTiqUES 42^
Fait trembler par instants les vitraux de la nef...
Tous entonnent alors, du soldat jusqu'au chef,
Le Parce Domiîie ', ce grand cri que l'Eglise
Jette en pleurant vers Dieu dans les heures de crise.
« Epargnez-nous, Seigneur! » chantent ces pavsans
Que l'aube reverra peut-être agonisants;
Ht, tandis que leurs voix montent dans l'air humide,
Il me semble, au delà des cintres de l'abside',
Entendre les rumeurs d'une foule à genoux :
Femmes en deuil, enfants sans pères, vieux époux
Dont les tils sont perdus sous la pluie et la neige.
Laboureurs qu'on rançonne et bourgeois qu'on assiège,
Toute la France enfin, lasse, blessée au cœur.
Et criant dans la nuit: « Epargnez-nous, Seigneur! »
A. The L' RI ET.
SONNl-TS HtROÏaUES
O gloire des soldats mourant dans les batailles. Seule gloire qui reste, et qui tente l'effort, Je t'envie à qui meurt pour le droit du moins fort ', Et mon âme te suit parmi les funérailles!
Près d'oublier l'horreur de ces grands champs de mort. Où le vol des chevaux disperse vos entrailles. Où, couchés sous le vent des lointaines mitrailles, Vous reposez en paix, meurtriers sans remord;
Je pense que, du moins, seuls, au temps où nous sommes. L'instinct du sacrifice a fait de vous des hommes; Qu'insoucieux du but, du devoir convaincus,