LA VRAIE MÈRE
Femme, si l'être en qui tu mets ton espérance Ne met son espérance et son bonheur qu'en toi; Si, Français, il peut vivre étranger à la France, Ne connaissant partout que son amour pour loi ; Si, sans te croire indigne et sans se croire infâme, Quand tout son pays s'arme, il n'accourt pas s'armer,
O femme! ta tendresse a déformé cette âme; S'il ne sait pas mourir, tu ne sais pas aimer ' !
Mère, si ton enfant grandit sans être un homme,
S'il marche efféminé vers son devoir viril;
Si, d'un instinct pratique et d'un sang économe.
Sa chair épouvantée a l'horreur du péril ;
Si, quand viendra le jour que notre honneur réclame,
Il n'est pas là, soldat, marchant sans maugréer,
O mère! ta tendresse a mal formé cette âme; S'il ne sait pas mourir, tu n'as pas su créer!
Paul Déroullue.