‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 429 sur 444 · LA VRAIE MÈRE · texte numérisé non relu

LA VRAIE MÈRE

Femme, si l'être en qui tu mets ton espérance Ne met son espérance et son bonheur qu'en toi; Si, Français, il peut vivre étranger à la France, Ne connaissant partout que son amour pour loi ; Si, sans te croire indigne et sans se croire infâme, Quand tout son pays s'arme, il n'accourt pas s'armer,

O femme! ta tendresse a déformé cette âme; S'il ne sait pas mourir, tu ne sais pas aimer ' !

Mère, si ton enfant grandit sans être un homme,

S'il marche efféminé vers son devoir viril;

Si, d'un instinct pratique et d'un sang économe.

Sa chair épouvantée a l'horreur du péril ;

Si, quand viendra le jour que notre honneur réclame,

Il n'est pas là, soldat, marchant sans maugréer,

O mère! ta tendresse a mal formé cette âme; S'il ne sait pas mourir, tu n'as pas su créer!

Paul Déroullue.

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