‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 50 sur 444 · LES PETITS PAYSANS · texte numérisé non relu

LES PETITS PAYSANS

Les petits paysans, bruns sous leurs blouses blanches. Reviennent de l'école et courent, très heureux D'enjamber le soleil qui passe entre les branches. Semant de plaques d'or l'herbe des chemins creux, Les petits paNsans bruns sous leurs blouses blanches.

Les buissons ont des nids, et les fossés, des fraises... On déniche les œufs, on remplit les paniers Pour les petites sœurs, qui vont être bien aises, Ce soir, sur le gazon, à l'ombre des pommiers. De regarder les œufs et de manger les fraises.

I. Est-il besoin de faire remarquer l'art charmant qui rend au vrai le babil naïf d'un enfant? Il y a là des parce que adorables.

POÉSIES DOMESTfQUES 3f

Les vaches vont rentrer, les bonnes vaches rousses, Lentement, faisant peur aux canards étourneaux, Avec le cou tendu, broutant les jeunes pousses, Et frottant leur museau rose sur les rameaux. Quand elles vont rentrer, les bonnes vaches rousses!

Les garçons de la ferme, étendus dans la paille, Le chapeau sur les veux, siffleront un refrain, Et le chat, accroupi sur un pan de muraille. Guettera les oiseaux qui picorent' du grain Près des garçons de ferme étendus dans la paille.

Comme ils vont bien dormir sous les rideaux à fraises-.

Les petits paysans et leurs petites sœurs!

Et pendant que le chien rôdera sous les chaises.

Ils vont rêver qu'ils sont près des pommiers en fleurs,

Qu'ils dénichent des œufs et qu'ils mangent des fraises.

C'est ainsi tous les jours! On court après les poules...

On cueille des bleuets et des coquelicots...

On va sur les versants rouler comme des boules...

A force de chanter on lasse les échos;

Et sous les plants ombreux on court après les poules!

Qu'ils dénichent des nids et qu'ils mangent des fraises.

Et qu'ils soient bien heureux, les petits paysans!

Ici-bas, il en est beaucoup qui seraient aises

De s'arracher un jour à la torpeur des ans'.

Pour dénicher des nids et pour manger des fraises!

Eugène l f. M o c k l .

1. Picorer veut dire aller à la maraude pour dérober des vivres, et s'applique .lux abeilles qui butinent, aux oiseaux qui pillent grains et fruits.

2. Ce sont des rideaux bordés de volants plissés, qui font une sorte de collerette. Le mot fraises a deux sens très différents dans cette strophe.

j. C'est-i-diro de rajeunir, et de retourner à Tige où l'on est alerte.

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