‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 59 sur 444 · On appelle exotique ce qui vient des pays étrangers · texte numérisé non relu

On appelle exotique ce qui vient des pays étrangers

2. Nom populaire et plaisant donné aux jeunes soldats de la ligne. Dans la vieille langue, turhireau signifiait gentil garçon.

y Près de la pièce de fer qui sert à changer le rail de la locomotive.

Portant sur lin seul bras son enfant qui IVmbrasse. Jetant son sifflement atroce, le train passe 1 )evant l'humble logis qui tressaille au fracas. ht le petit enfant ne se dérange pas.

PÉCHHUR A LA LlGNi:'

Assis, les pieds pendants sous l'arche d'un vieux pont, Et sourd aux bruits lointains à qui l'écho répond. Le pêcheur suit des yeux le petit flotteur rouge '. L'eau du fleuve pétille au soleil. Rien ne bouge. Le liège soudain fait un plongeon trompeur, La ligne saute. — Avec un hoquet de vapeur Passe un joyeux bateau tout pavoisé d'ombrelles; Et, tandis que les flots apaisent leurs querelles, L'homme, un instant tire de son rêve engourdi. Met une amorce ' neuve, et songe : — 11 est midi.

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Sur la plage élégante au sable de velours Que frappent, réguliers et calmes, les flots lourds. Tels que des vers pompeux aux nobles hémistiches Les enfants des baigneurs oisifs, les enfants riches, Qui viennent des hôtels voisins et des chalets, La jaquette troussée au-dessus des mollets. Courent, les pieds dans l'eau, jouant avec la lame. Le rire dans les veux et le bonheur dans l'âme. Sains et superbes sous leurs habits étoffés. Et d'un mignon chapeau de matelot coiffés,

1. Surnageant et très mobile, ce liège indique que le poisson •

2. .imorit', tout appât qui .utire... (Du latin lui mor5Mw<, vers la nior

;. Les hémistiches de six pieds des vers alexandrins ont la régula- .. du rtot succédant au flot.

Ces beaux enfants gâtés, ainsi qu'on les appelle. Creusent gaîment, avec une petite pelle, Dans le fin sable d'or des canaux et des trous; Et ce même Océan, qui peut dans son courroux Broyer sur les récifs les grands steamers de cuivre' Laisse, indulgent aïeul % son flot docile suivre Le chemin que lui trace un caprice d'enfant. Ils sont là, l'œil ravi, les cheveux blonds au vent, Non loin d'une maman brodant sous son ombrelle, Et trouvent, à coup sûr, chose bien naturelle Que la mer soit si bonne et les amuse ainsi.

• — Soudain, d'autres enfants, pieds nus comme ceux-ci,

Et laissant monter l'eau sur leurs jambes bien faites.

Des moussaillons' du port, des pêcheurs de crevettes,

Passent, le cou tendu sous le poids des paniers.

Ce sont les fils des gens du peuple, les derniers

Des pauvres, et le sort leur fit rude la vie.

Mais ils vont, sérieux, sans un regard d'envie

Pour ces jolis babys'^ et les plaisirs qu'ils ont.

Comme de courageux petits marins qu'ils sont,

Ils aiment leur métier pénible et salutaire

Et ne jalousent point les heureux de la terre;

Car ils savent combien maternelle est la mer,

Et que pour eux aussi souffle le vent amer

Qui rend robuste et belle, en lui baisant la joue,

L'enfance qui travaille, et l'enfance qui joue.

F. Coi'l'HE.

SOUVLNIRS DE JEUNESSE*

Pourquoi devant mes veux revenez-vous sans cesse, O jours de mon enfance et de mon allégresse?

I. Ce mot, venu de l'anglais, veut dire navire, à vapeur (steani-boai).

::. 11 compare ici sa douceur à la bonhomie d'un grand-pcrc.

^. Diminutif familier du mot mousse.

j. Encore un terme anglais, signifiant hèhè, enfant.

Qui donc toujours te rouvre en nos cœurs presque éteints,

O lumineuse fleur des souvenirs lointains?

Oh! que j'étais heureux! oh! que j'étais candide!

En classe, un banc de chêne, usé, lustré, splendide ',

Une table, un pupitre, un lourd encrier noir.

Une lampe, humble soeur de l'étoile du soir %

M'accueillaient gravement et doucement. Mon maître,

Comme je vous l'ai dit souvent, était un prêtre

A l'accent calme et bon, au regard réchauffant,

Naïf comme un savant, malin comme un enfant.

Tandis que j'écrivais, sans peur, mais sans système -,

Versant le barbarisme à grands flots sur le thème.

Inventant aux auteurs des sens inattendus.

Le dos courbé, le front touchant presque au Gradus ',

Je croyais (car toujours l'esprit de l'enfant veille)

Ouïr confusément, tout près de mon oreille.

Les mots grecs et latins, bavards et familiers.

Barbouillés d'encre, et gais comme des écoliers.

Chuchoter, comme font les oiseaux dans une aire,

Hntre les noirs feuillets du lourd dictionnaire.

Bruit plus doux que le bruit d'un essaim qui s'enfuit.

Souffles plus étouffés qu'un soupir de la nuit.

Qui faisaient, par instants, sous les fermoirs de cuivre,

Irissonner vaguement les pages du vieux livre!

Le devoir fait, légers comme de jeunes daims.

Nous fuyions à travers les immenses jardins,

Hclatant à la fois en cent propos contraires.

Moi, d'un pas inégal, je suivais mes grands frères *;

Ht les astres sereins s'allumaient dans les cieux.

Ht les mouches volaient dans l'air silencieux.

Ht le doux rossignol, chantant dans l'ombre obscure.

i nseignait la musique à toute la nature.

Tandis qu'enfant jaseur, aux gestes étourdis,

Irr nu partOUr inrs \tMi\ inijc'niis rf 11 irdi^.

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