UN GRAND-PERE
Ah ! oui ! les fils de nos fils nous enchantent.
Ce sont déjeunes voix matinales qui chantent. Ils sont dans nos logis lugubres le retour Des roses, du printemps, de la vie et du jour! Leur rire nous attire une larme aux paupières Et de notre vieux seuil fait tressaillir les pierres; De la tombe entr'ouverte et des ans lourds et froids Leur regard radieux dissipe les effrois; Ils ramènent notre âme aux premières années; Ils font rouvrir en nous toutes nos fleurs fariéés ;
I. On sait qu'en 1845, '^^"S une promenade à Villequier (Scine-Infcrieure), la fille et le gendre de V. Hugo tombèrent accidentellement à l'eau et se noyèrent. (Voir dans les Conieiii^^lations, 2" partie, toute une série de pièces fort belles qui rappellent ce triste événement, notamment : Trois ans après; J'cn't, vidi, vixi ; A J'illdjuier ; Charles Vaajiierie.)
Nous nous retrouvons doux, naïfs, heureux de rien; Le cœur serein s'emplit d'un va^ue aérien ; En les voyant, on cn^it se voir soi-même ëclore ; Oui, devenir aïeul, c'est rentrer dans l'aurore'.