‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 73 sur 444 · LE CHAT BOTTE · texte numérisé non relu

LE CHAT BOTTE

Matou charmant des contes bleus ', Chat, l'unique trésor des gueux.

Chat qu'on adore En son enfance, et que, très vieux, Pour son langage merveilleux.

On aime encore;

1. Grtte sérénité de la vieillesse se mérite; chaque âge la prépare, ci it la conquérir par des vertus.

2. Cela veut dire qu'on ne voit plus en eux les blessures faites p.ir le .iilicur et par les années. Ces vieillards se transfigurent. C'est le c.«>

dire, avec Lacretcllc :

Svixunlf-Jou^t hiiert tur wa tile ont p^n'. Et jt ne sem encorr m moi ritn de gljft'. Le ciel, campa tissant à mcu insvffiiauif. D'aimer et d'adntirer m'a donne U f'-'i-"'" ■ Ce don maintient < >/ moi ifueLjui > rt^if^ à'a'.in,', r.l mes roses d'hiver oui emor de l'odeur.

\. Le conte du Chat holtè fait partie des vieux récit:» contenus dai>> qu'on appelle U Bihliotbèque Bleue.

Chat qui vaut cent fois le cheval D'Alexandre', chat sans rival

En cabriole, Angora' plus fort qu'un lion.

Dont chaque poil, comme un ra\on.

Chauffe et console...

Ah ! qu'il était, mon chat botté, Luisant d'amour et de gaîté,

Quand, chat d'audace, Avec des airs exorbitants ', Il précédait mes beaux vingt ans

En criant : « Place !

« Place au marquis de Carabas^ !

Ohé! vous tous, là-haut, là-bas.

Place à mon maître !

Admirez, peuples étonnés, L'homme depuis le bout du nez

Jusqu'à la guêtre;

« Avouez qu'il réussira;

Qu'en force, en grâce et cx-tera

Il outrepasse Le droit qu'on a sous le soleil D'être un chef-d'œuvre sans pareil,

Et faites place !

« Si vous en doutiez, par malheur.

Vous seriez — j'en essuie un pleur

Lorsque j'y rêve, Ma parole de chat botté! — Hachés comme chair à pâté.

Hachés sans trêves. »

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