‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 91 sur 444 · UN TRISTE NOËL · texte numérisé non relu

UN TRISTE NOËL

Trois et quatre ans. La sœur aînée, En chemise, hier soir, a mis Dans l'humble et froide cheminée Deux mignons souliers dévernis -\

Voici l'aube de la journée Où les anges du paradis.

Quand Noël a fait sa tournée, Vont éveiller les tout petits.

T. Le râle est la respiration enrouée, rude et heui-tée des agonisants.

2. Ce vernis était le luxe d'autrefois; mais la misère est venue. 11 n'y a même plus de feu dans la cheminée. Et nous sommes en plein hiver I

Elles grelottent ', les Hllcttes,

En quittant leurs pauvres couchettes.

Pour courir vers l'àtre, sans bruit.

Hélas ! les bottines percées Sont encor vicies et glacées...

La mère est morte dans la nuit.

Alexandre Piedagnel.

FOYhR D'HIVER»

Le soir, en plein hiver, et par un vent de bise». Tandis que le grésil vient frapper aux carreau.v », Le thé brûlant servi, fermant bien les rideaux, 11 fait bon s'installer près d'un feu qu'on attise.

Les pincettes en main, sous la lampe on devise, Entre amis, librement, — a côté des berceaux Où dorment les enfants qui révent de cerceaux Et de biscuits dorés d'une saveur exquise.

Comme la chambre est close ! et que les tristes mois

Passent vite, en parlant des gaîtés d'autrefois.

Ou bien lorsqu'on relit le chef-d'œuvre d'un maître !

On V trouve toujours de nouvelles beautés... Le cœur le plus meurtri se sentirait renaître Au charme pénétrant de ces intimités ♦.

Alexandre Piedagxfi. .

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