DE LA PUISSANCE DES PLANETES
Il est certain que le Soleil a la vertu d’échauffer modérément et de dessécher ; ces effets se reconnaissent plus
facilement à cause de sa grandeur et des changements évidents qu’il cause dans les saisons de l’année, car plus il s’approche du méridien plus il donne de chaleur et de sécheresse. La Lune excelle en humidité, d’autant qu’elle est plus proche de la terre et plus voisine des vapeurs humides. Il est donc évident qu’elle affecte les corps, leur donne la mollesse et souvent les putréfie ; elle échauffe cependant un peu à cause de la lumière qu’elle reçoit du Soleil. Saturne refroidit davantage et dessèche aussi, parce qu’il semble qu’il soit fort éloigné, tant de la chaleur du Soleil, que des vapeurs humides. D’ailleurs les vertus, soit de Saturne, soit des autres étoiles, ne peuvent être établies que selon la variété des aspects du Soleil et de la Lune. Car suivant le plus ou le moins, leurs aspects changent la constitution de l’air. Jupiter est d’une nature tempérée, parce qu’il tient le milieu entre Saturne refroidissant et Mars brûlant. Il échauffe et humecte, mais seulement parce que la force de réchauffer excelle ; il excite les vents qui indiquent la fertilité. En Mars prédomine la vertu de dessécher, mais il brûle aussi comme il convient à sa couleur de feu et à son voisinage du Soleil puisqu’il est soumis plus près encore à l’action de l’orbe du soleil. Pour Vénus, quant à ce qui regarde sa nature tempérée, elle est semblable à celle de Jupiter, mais par un ordre inverse. Car bien qu’elle échauffe, comme voisine du Soleil, elle le fait cependant moins que Jupiter, mais elle humecte davantage, comme le fait la Lune, à cause de sa grandeur, attirant les vapeurs humides des lieux voisins de la terre.
Quant à Mercure, sa vertu se trouve presque égale, tantôt à dessécher et absorber les humidités, parce qu’il ne s’éloigne jamais du Soleil, selon sa longitude, et tantôt à humecter, parce qu’il est voisin de la Lune, laquelle