PLOTIN
du nombre qui partageait son hypostase l’a divisé en plusieurs parties et lui a fait engendrer la multitude, car le nombre est, ou l’essence de l’Être ou son énergie ; et l’animal même et l’Intelligence sont nombre. L’Etre est peut-être le nombre enveloppé et les êtres le nombre développé ; l’Intellect est le nombre qui se meut en soimême et l’animal est le nombre qui contient. Et puisque c’est de l’un qu’a été engendré l’Etre, celui-ci, comme il l’était dans l’Unité, doit être Nombre. C’est pourquoi les idées étaient appelées des idées et des nombres.
(. Ennéade VI. Livre vi, § iv.)
DU DAIMON PARTICULIER A CHAQUE IIOMME
Ceux qui ont exercé les facultés humaines renaissent hommes. Ceux qui n’on fait usage que de leurs sens, et particulièrement ceux qui se sont adonnés à la colère, deviennent des bêtes féroces, de telle sorte que la diffé rence du corps (dans lequel ils renaissent) provient de la différence de vie. Ceux qui ont satisfait leurs sens par la concupiscence et la volupté, retournent dans des animaux salaces et gloutons. Enfin ceux qui n’ont pas tant obéi aux sens par ces vices, que dégradé leurs sens par leur paresse, revivent sous forme de plantes ; car en eux ne s’est manifestée que l’énergie végétative, et ils ont mis tout leur soin à être changés en arbres. Ceux qui ont trop aimé la musique, ayant été purs d’autre part, deviennent des (animaux) chanteurs. Ceux qui ont régné illogiquement deviennent des aigles, s’ils n’ont pas eu d’autre vice. Enfin ceux qui ont parlé sans sagesse des choses célestes, regardant souvent vers le ciel, sont changés en oiseaux qui volent toujours très haut. Celui qui a acquis la vertu politique redevient homme ; mais celui
qui ne possède pas suffisamment la vertu politique, est transformé en un animal vivant en société, tel que l’abeille ou tout autre semblable.
Qui donc est ici Daimon ? Qui donc est Dieu ? Qui donc agit principalement en tout ceci ? car ce qui agit le fait comme s’il avait la domination sur nous. Est-ce là le daimon qui est destiné à l’être vivant ? Non, sans doute, car c’est la puissance au-dessus de lui, qui préside en demeurant en repos, qui agit en venant après lui ; c’est l’essence de l’énergie qui est nous-même.
( Ennéade III. Livre iv. § n et m.)
PORPHYRE
Ce célèbre écrivain grec , Vane des gloires de Vécole philosophique d’Alexandrie, fut, à la fois, un néo-platonicien et un néo-pythagoricien. Disciple de Plotin, il ne se tint pas constamment, comme son maître, dans le domaine de la philosophie pure ; il préféra, à cette sérénité un peu froide, la théurgie mystique, qui lui inspira son livre sur l’Abstinence. Un commentaire sur les Catégories d’Aristote, dont il est l’auteur, Va rendu célèbre au Moyen-Age ; ce n’est cependant pas le meilleur de ses ouvrages. Son petit traité sur l’Antre des Nymphes, sa Vie de Plotin et sa Vie de Pythagore donnent mieux la vraie physionomie de sa pensée. Porphyre combattit certaines opinions du christianisme qui, déjà, s’écartait de Saint Denys V Aréopagite et se faisait peu à peu rationa-
PORPHYRE
liste, en oubliant l’ésotérisme primitif de ses rites. On doit à ce philosophe d’avoir décrit de façon fort précise les phénomènes de l’extase.