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LA SOMME DE PERFECTION

Récapitulation sommaire de tout l’œuvre alchimique : Puisque nous avons dit que le but unique de tout l’œuvre n’est autre que de conquérir la pierre, il faut ensuite apporter le plus grand soin à l’œuvre, afin que sur cet œuvre s’opère le premier grade de la sublimation, et que, par celui-ci, l’œuvre soit purifié de l’impureté corrompante, et c’est là sa perfection de sublimation ; et que cette pierre soit donc sublimée ainsi jusqu’à ce qu’elle parvienne à l’ultime pureté de la sublimation, et qu’elle devienne enfin volatile. Ensuite, qu’elle soit fixée par les divers modes de fixation, jusqu’à ce qu’elle se repose, par l’âpreté du feu. Et ceci est appelé

le deuxième degré de préparation ; et en celui-ci consiste une des limites de la perfection de préparation. Mais le troisième degré de la pierre doit être conduit de même, et il consiste dans le complément ultime de la préparation ; c’est-à-dire que tu dois, par les moyens de sublimation, faire devenir volatile la pierre déjà fixée, et fixer le volatil, et dissoudre le fixe, et de nouveau rendre volatil ce qui est dissous, et de nouveau fixer le volatil, jusqu’à ce qu’il coule, et soit couvert en un certain complément solifique ou lunifique. De la réitération de ce troisième degré de préparation dans la médecine, il résulte une multiplication de l’altération dans le sens de l’amélioration. Donc, par la diversité de la réitération de l’œuvre sur la pierre, à ses divers degrés, il résulte la diversité de l’altération de la multiplication de la bonté, de telle sorte q? , par cette médecine, l’on transmue le corps solifique au double, parfois au décuple, parfois au centuple, au millième degré, et même à l’infini, véritable et merveilleux degré de la perfection. C’est donc par ce dernier et ultime degré que l’on éprouve si le magistère est parvenu à sa perfection. (Livre IV)

Abou Ali al Hosain ibn Sina , appelé en Europe Avicenney est le plus célèbre des médecins arabes. Sa réputation dépassa bientôt les limites du monde musulman ; ses œuvres , traduites en latin , furent étudiées, pendant tout le Moyen-Age, dans les universités de Paris ; il est

AVICENNE

cité fréquemment par les théologiens , et, en particulier par saint Thomas d’Aquin. Il écrivit plusieurs traités d’alchimie, ainsi que des compilations fort habiles tirées des anciens médecins grecs. Il professa un curieux mysticisme, mêlé de sensualité, faisant alterner la prière avec les banquets, l’amour, le vin et même l’opium .

Son influence sur le monde latin a été considérable , et ne peut se comparer qu’à celle que Paracelse exerça cinq siècles après lui ; il est, par contre, trop oublié aujourd’hui, et l’on pourrait citer de lui mainte page dont la lecture serait encore fort attrayante. Nous donnons ici des extraits de ses petits traités mystiques sur le Destin et sur la Prière.

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