‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 126 sur 229 · OU DE LA PIERRE PHILOSOPHALE · texte numérisé non relu

OU DE LA PIERRE PHILOSOPHALE

Notre pierre contient : corps, âme et esprit. O naturel comme tu changes les corps en esprit! ce que tu ne ferais pas si l’esprit ne s’incorporait pas aux corps, et si les corps ne se faisaient pas volatils avec l’esprit,, et ensuite

permanents. L’un est donc passé dans l’autre, et ils se sont convertis l’un en l’autre par la sapience. O sapience! comme tu fais devenir l’or volatil et fugitif, bien qu’il soit naturellement très fixe! Il faut donc dissoudre et liquéfier ces corps par notre eau, et faire de ceux-ci une eau permanente, une eau dorée sublimée, laissant au fond le gros, le terrestre et le superflu sec. Et dans cette sublimation le feu doit être lent, parce que, si dans cette sublimation dans le feu lent les corps n’ont pas été purifiés, et si leurs parties grossières et, remarque-le bien, terrestres, n’ont pas été séparées de l’immondice mort, tu serais empêché, par ceci, de pouvoir parfaire l’œuvre. Car tu n’as besoin que de la nature subtile et ténue des corps dissous, que notre eau te donnera, si tu procèdes par le feu silencieux, en séparant ce qui est hétérogène de ce qui est homogène.

ALBERT LE GRAND

Ce savant dominicain naquit à Lavingen en Souabe, de la famille des comtes de Bollstaedt ; il fit ses études à Pavie , enseigna la philosophie aristotélicienne à Paris et à Cologne , puis fut nommé archevêque de Ratishonne. Ses œuvres théologiques et philosophiques ont été recueillies en vingt et un volumes in-folio ; ce ne sont, pour la plupart , que des compilations d’Aristote, de Pierre Lombard et de quelques écrivains arabes. Cependant il s’adonna avec ardeur à l’étude de la physique et des sciences naturelles, fort négligées à son époque,

ALBERT LE GRAND

\ et il reste de lui plusieurs traités d’alchimie , ainsi que > deux ouvrages fort curieux sur la génération et sur les I vertus des plantes et des pierres. Il eut , de son vivant ? même , la réputation d’un magicien. Il donna à Cologne , à Guillaume de Hollande, un festin pendant lequel il fit apparaître, en plein hiver, toutes les fleurs du printemps dans le jardin du cloître. Un mystérieux automate qu’il avait construit fut brisé par son disciple, saint Thomas d’Aquin, qui y vit une œuvre du démon. Il serait à désirer que l’on fît une traduction exacte des livres de sciences physiques d’Albert le Grand. Ils ont été abrégés et dénaturés dans un ouvrage informe et populaire intitulé : Les Secrets du Grand Albert, compilation grossière dont la lec ture n’est pas recommandable . On a placé également sous son son nom un ouvrage de sorcellerie : Le Petit» Albert, à la rédaction duquel il est complètement étranger. On verra, par les extraits que nous donnons du livre De Secretis Mulierum, qu’il tenait l’astrologie en grand honneur, et ne la croyait pas incompatible avec la foi catholique.

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