‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 130 sur 229 · PROLONGATION DE LA VIE HUMAINE · texte numérisé non relu

PROLONGATION DE LA VIE HUMAINE

Le point le plus élevé auquel Fart puisse parvenir au moyen de toute la puissance de la nature, c’est la prolongation de la vie humaine pour une longue durée. De nombreuses expériences attestent cette possibilité, car Pline raconte que Pollion, par sa sobriété, se conserva sain de corps et d’âme au delà des limites ordinaires de la vie humaine. Octave-Auguste lui ayant demandé ce qu’il avait fait pour vivre si longtemps, il lui répondit énigmatiquement qu’il avait usé de l’huile à l’extérieur et de l’hydromel à l’intérieur (huit parties d’eau, neuf de miel selon les auteurs). Dans la suite des temps, il se produisit d’autres faits semblables : un paysan, labourant les champs avec sa charrue, trouva un vase d’or qui renfermait un liquide. Croyant que c’était de la rosée du ciel, il s’en lava le visage et en but ; et, renouvelé tout à coup dans son corps et son esprit, et dans Lexcellence de la Sapience, de bouvier il devint portefaix du roi de Sicile, ce qui arriva du temps du roi Wilhelm. Et il est prouvé par le témoignage des lettres papales, qu’un Allemand, captif chez les Sarrasins, reçut une médecine qui prolongea sa vie au delà de cinq cents ans. Car le roi qui le tenait captif, reçut du Grand Roi des ambassadeurs qui lui apportaient cette médecine ; mais, les tenant pour suspects, le roi avait éprouvé sur le captif ce qui lui avait été envoyé. De même la dame de Nemours en Grande- Bretagne, cherchant sa biche blanche, trouva un onguent avec lequel le garde de la forêt s’était oint tout le corps excepté la plante des pieds ; il vécut trois cents ans sans maladie, excepté des douleurs aux pieds. Nous avons trouvé plusieurs fois, de notre temps, des paysans qui, sans le conseil des médecins, ont vécu environ cent ans

ROGER BACON

et plus, en assez bonne santé. Ces exemples sont confirmés par ce qui se passe chez les animaux comme les cerfs, les aigles, les serpents et beaucoup d’autres qui redeviennent jeunes par la vertu des plantes et des pierres. Et c’est pourquoi les sages, excités par l’exemple des animaux, se sont mis à la recherche de ce secret, pensant qu’il serait possible à l’homme d’obtenir ce qui a été accordé aux brutes elles-mêmes. C’est pour cette raison qu’Àrtéphius, ayant scruté dans sa sagesse les forces secrètes des animaux, des pierres, des herbes et de toutes autres choses, dans le but de pénétrer les secrets de la nature et principalement pour la prolongation de la vie, se glorifie d’avoir vécu mille vingt-cinq ans.

Et la possibilité de la prolongation de la vie est confirmée par ceci, que l’homme est naturellement immortel, c’est-à-dire pouvant ne pas mourir ; et même après le péché, il put vivre environ mille ans ; mais ensuite la longévité humaine s’est abrégée peu à peu. Il importe donc que cette abréviation soit accidentelle ; c’est pourquoi on pourra y porter remède, soit en totalité, soit en partie. Mais si nous voulons chercher la cause accidentelle de cette corruption, nous trouverons qu’elle ne provient pas du ciel, ni d’autre chose que d’une défectuosité du régime de santé. Car c’est pour cela même que les parents, qui ont été corrompus, engendrent des enfants d’une complexion et d’une composition corrompues, et que les enfants de leurs enfants se corrompent pour la même cause. C’est ainsi que la corruption se transmet continuellement de père en fils, jusqu’à ce qu’il en résulte une abréviation de la vie. Il ne s’ensuit pas de là cependant que la vie se raccourcira de plus en plus, parce qu’il n’a pas été établi un terme dans l’espèce humaine ; les hommes vivent assez souvent jusqu’à quatre-vingts ans,

mais après, leur vie n’est que peine et maladie. Le remède véritable contre la corruption particulière de chacun n’aurait d’effet que s’il s’exercait à partir de la jeunesse sur le régime de santé complet et qui consiste dans la nourriture et la boisson, le sommeil et la veille, le mouvement et le repos, l’évacuation et la rétention, l’air et la passion de l’âme. Et si quelqu’un suivait un tel régime depuis sa naissance, il vivrait autant que le permettraient les dispositions naturelles reçues de ses parents ; il parviendrait jusqu’au terme extrême de la nature (tombée par la justice originelle) qu’il ne pourrait outrepasser cependant, car ce régime ne peut rien ou peu contre la corruption ancienne des parents.

(' Chapitre VII : De Vart de reculer la vieillesse et de la prolongation de la vie humaine.)

ARNAULD DE VILLENEUVE

Ce médecin, le plus célèbre du Moyen-Age, fut une brillante illustration de VEcole de Montpellier . Il n'hésita pas, l'un des premiers, à rejeter le joug de l'école Arabe et à lui substituer la méthode expérimentale, ce qui fit accomplir à la science chimique des progrès rapides : on lui doit la découverte de l'alcool, des acides sulfurique, azotique et chlorhydrique, de l'essence de térébenthine. Il s'adonna à l'astrologie et à l'alchimie, et il a écrit sur ces sciences des traités qui sont demeurés longtemps célèbres. De ses œuvres, qui ont été réunies en un volume

ARNAULD DE VILLENEUVE

in-folio , nous avons choisi quelques pages sur les songes et un curieux mémoire sur les maléfices.

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