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L’EXPLICATION DES FIGURES HIÉROGLYPHIQUES

MISES PAR MOI NICOLAS FLAMEL, ÉCRIVAIN, DANS LE CIMETIÈRE DES INNOCENTS, EN LA QUATRIÈME ARCHE, ENTRANT PAR LA CRANDE PORTE DE LA RUE SAINT- DENIS, ET PRENANT LA MAIN DROITE

Encore que moi, Nicolas Flamel, écrivain et habitant de Paris, en cette année mil trois cent quatre-vingt et dix-neuf, et demeurant en ma maison en la rue des Ecrivains, près la chapelle S. Jacques de la Boucherie, encore, dis-je, que je n’aie appris qu’un peu de latin, pour le peu de moyens de mes parents, qui, néanmoins, étaient par mes envieux mêmes, estimés gens de bien,

si est-ce que (par la grande grâce de Dieu et intercession des benoists Saints et Saintes de paradis — principalement de Monsieur saint Jacques de Galice) je n’ai pas laissé d’entendre au long les livres des Philosophes, et d’apprendre en iceux leurs tant occultes secrets. C’est pourquoi il n’y aura jamais moment en ma vie, me souvenant de ce haut bien, qu’à genoux (si le lieu le permet) ou bien dans mon cœur, de toute mon affection, je n’en rende grâces à ce Dieu très-bénin, qui ne délaisse jamais l’enfant du Juste mendier par les portes, et qui ne défende point ceux qui espèrent entièrement en sa bénédiction. Donc, moi, Nicolas Flamel, écrivain, ainsi qu après le décès de mes parents je gagnais ma vie en notre art d'écriture, faisant des inventaires, dressant des comptes, et arrêtant les dépenses des tuteurs et mineurs, il me tomba entre les mains, pour la somme de deux florins, un livre doré, fort vieux et beaucoup large. Il n’était point en papier ou en parchemin comme tous les autres, mais seulement il était fait de déliées écorces (comme il me semblait) de tendres arbrisseaux, la couverture était de cuivre bien délié, toute gravée de lettres ou figures étranges, et, quant à moi, je crois qu’elles pouvaient bien être des caractères grecs, ou d’autre semblable langue ancienne. Tant y a que je ne les savais pas lire, et que je sais bien qu’elles n’étaient point notes, ni lettres latines ou gauloises, car nous y entendons un peu.

Je ne représenterai point ce qui était écrit en beau et très-intelligible latin en tous les autres feuillets écrits, car Dieu me punirait, d’autant que je commettrais plus de méchanceté que celui (comme on dit) qui désirait que tous les hommes du monde n’eussent qu’une tête, et qu’il la pût couper d’un seul coup. Donc, ayant chez moi ce beau livre, je ne faisais nuit et jour qu’y étudier,

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