‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 159 sur 229 · DES TROIS PREMIÈRES SUBSTANCES · texte numérisé non relu

DES TROIS PREMIÈRES SUBSTANCES

Parmi toutes les substances, il en est trois qui donnent à chaque chose leur corps, c’est-à-dire que tout corps consiste en trois choses. Les noms de celles-ci sont : Soufre, Mercure, Sel. Si ces trois choses sont réunies, alors elles s’appellent un corps ; et rien ne leur est ajouté, sinon la vie et ce qui est inhérent à celle-ci. Donc si tu prends un corps quelconque en tes mains, tu as invisiblement trois substances sous une seule forme ou espèce. C’est de ces trois choses que nous devons traiter. Car ces trois subs-

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tances existent ici sous une seule forme, qui donnent et font toute santé. Car si tu tiens du bois en tes mains, alors, suivant le témoignage des yeux, tu n’es en présence que d’un seul corps. Mais, savoir ceci n’est d’aucune utilité pour toi, car le paysan en sait et en voit autant. Tu dois te pénétrer très profondément de ceci afin de savoir qu’en tes mains tu tiens du soufre, du mercure et du sel. Si tu perçois ces trois choses séparément, l’une de l’autre, par l’aspect, le toucher et le contact, alors tu as acquis enfin les yeux par lesquels le médecin doit voir. Ces yeux doivent voir ces trois choses avec autant de perspicacité que le paysan voit du simple bois. Que cet exemple fasse que tu reconnaisses aussi l’homme luimême dans ces trois choses, non moins que le bois luimême ; c’est-à-dire que tu dois considérer l’homme comme revêtu d’une forme semblable. Si tu vois les os de celui-ci, tu vois comme un rustre. Si tu considères, au contraire, séparément le Soufre de celui-ci et séparément le Mercure, séparément aussi le Sel, alors tu sais scruter ce qu’est un os ; et s’il est malade, tu connais quelle altération il a, et pour quelle raison et comment il souffre. Si donc la vue des apparences extérieures appartient aux paysans, la vision des choses intérieures, qui est le secret, appartient aux médecins. Alors s’il est nécessaire de rendre ces choses visibles, et que la médecine soit défectueuse relativement à ce mode de vision, eh bien î il faut amener la nature à se dévoier et à se montrer elle-même. Considérez donc dans quelle ultime matière ces choses se résolvent, et en combien de genres. Or, vous trouverez ces trois substances elles-mêmes, séparées l’une de l’autre en autant de genres. Or, ce que ne peut guérir le rustre, le médecin le guérit cependant. L’expérimentateur néglige ceci, mais non pas le médecin. Ceci importe

peu à l’imposteur, mais beaucoup au médecin. Car, avant toutes choses, il faut connaître ces trois substances et toutes leurs propriétés, dans le macrocosme. Et alors il les trouvera dans l’homme (microcosme) absolument semblables. Et ainsi il comprend ce qu’il tient en ses mains et connaît ce à quoi il commande. Afin que vous compreniez mieux, reprenez l’exemple du bois. Celui-ci est un corps par lui-même. Brûlez-le. Ce qui brûlera, c’est le soufre ; ce qui s’exhale en fumée est le mercure ; ce qui reste en cendres est le sel. Cet embrasement confond l’entendement du rustre, mais donne au médecin un principe initial et le prépare à posséder l’œil médical. Ainsi donc sont trouvées trois choses, ni plus, ni moins, séparées chacune l’une de l’autre. Il faut remarquer, au sujet de ces trois principes, que toutes choses les contiennent d’égale manière. S’ils ne s’offrent pas immédiatement à la vue, d’une façon uniforme, néanmoins ils se révèlent sous l’influence de l’art qui les isole et les rend visibles. Ce qui brûle est le soufre. Tout ce qui entre en combustion est soufre. Ce qui s’élève en fumée est mercure. Rien n’est sublimé hormis le seul mercure. Ce qui se résout en cendres est le sel. Rien ne se réduit en cendres si ce n’est le sel. Ce qui est la cendre est la substance, c’est-à-dire la partie de laquelle le bois est constitué. Et bien qu elle soit la dernière et non la première matière, elle témoigne cependant de la première matière, dont elle est la dernière lorsqu’elle est unie au corps vivant. Rien cfue, dans le corps vivant, rien n’apparaisse sinon ce que voit le vulgaire, cependant la séparation montre les substances. Je ne parle pas ici maintenant de la matière première, puisque je traite de la médecine et non de la philosophie. Comme nous l’avons dit pour le sel, apprenez ici, au sujet de la fumée, que celle-ci atteste

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l’existence du mercure, qui, par le feu, est volatilisé et sublimé. Et bien que la matière première de celui-ci ne soit pas visible ici, néanmoins l’ultime matière de la première est néanmoins visible. Ainsi le mercure est une autre substance du corps proposé. De même encore, ce qui brûle et qui apparaît splendide ou embrasé à nos yeux, c’est le soufre. Celui-là se sublime (le mercure), parce qu’il est volatil ; mais celui-ci (le soufre) qui est feu, est la troisième substance, qui sert à constituer tout le corps. ( Liber Paramirum, Livre I, chapitre II.)

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