ET DES GÉNIES PAR LA DISPOSITION DES CORPS CÉLESTES
Les anciens magiciens nous ont donné l’art de trouver le nom de l’Esprit qu’il faut invoquer pour faire l’effet que l’on désire ; comme, par exemple, si ayant devant toi une certaine harmonie céleste pour fabriquer une image ou un anneau ou pour toute autre opération, travaillant sous telle constellation, tu désires trouver l’esprit directeur de cette opération. Ayant dressé une figure du ciel, jette les lettres, selon le nombre et l’ordre depuis le degré de l’ascendant, suivant la succession des signes par chaque degré remplissant tout le circuit du ciel ; alors ces lettres qui sont tombées aux lieux des étoiles que tu regardes comme présidentes, marquées à part en nombre et ordre, selon le nombre et les forces de ces mêmes étoiles, donnent le nom de l’esprit, à savoir, du bon. Mais si tu fais la même chose depuis le commencement du degré de l’occident à l’encontre du progrès des signes, l’esprit que les lettres signifieront sera un des mauvais.
Quelques maîtres hébreux et chaldéens enseignent à chercher la nature et le nom du génie de chaque homme, par l’artifice que voici. Ayant connu le degré de l’ascendant de cette nativité et égalisant les quatre principaux points du ciel, alors celle des planètes qui aura plus de dignité dans ces quatre principaux points du ciel, et que les Arabes appellent Almutèz, doit être marquée comme la première de toutes, et près d’elle à la deuxième place celle qui en approche le plus par le nombre des dignités,
CORNELIS AGRIPPA
et ainsi par ordre les autres planètes qui ont quelque dignité dans les susdits points cardinaux ; en gardant cet ordre tu sauras leur véritable lieu et degré dans le ciel, et commençant depuis le degré de l’ascendant à jeter par chaque degré, selon l’ordre des signes, les vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu, alors les lettres qui tomberont aux lieux des étoiles susdites, notées et dispersées selon l’ordre trouvé ci-devant dans les étoiles et bien combinées selon les règles d la langue hébraïque, forment le nom du génie ; auquel, selon la coutume, on ajoute quelque nom monosyllabe de la toute-puissance divine, tel qu’est El ou lah. Mais si la projection des lettres se fait commençant par l’angle de l’occident et contre la succession des signes, et si les lettres qui seront tombées sur le Nadir (c’est-à-dire le point opposé de ces étoiles cidevant dites) sont assemblées par l’ordre que nous avons dit, elles feront le nom du mauvais génie.
C Livre III, Chapitre XXVI.)
PARACELSE
Philippe- Aureolus-Théophraste Bombast de Hohenheim , surnommé Paracelse, naquit à Einsiedeln, en Suisse, où son père était médecin de V abbaye bénédictine de Notre-Dame-des-Ermites. L’abbé Trithème lui apprit l’alchimie théorique ; il travailla ensuite pendant quelques années au laboratoire des mines de Siegmund von Fugger, de Schwatz, où il put apprécier l’importance de V expérimentation dans l’étude de la nature. Puis il parcourut l’Europe entière et, de retour dans son
pays, fit brûler publiquement les œuvres de Galien t d'Avicenne et de Rhasis et commença à enseigner une méthode nouvelle, basée sur une connaissance approfondie des véritables lois naturelles. On ne rencontre pas, dans l'histoire de l'esprit humain, de figure plus singulière que celle de cet homme de génie qui transforme l'Art médical avec des moyens et des procédés qui, à toute autre époque, et employés par une individualité moins consciente de sa mission , eussent pitoyablement échoue. Il serait trop long d'énumérer ici ses œuvres et d'en apprécier la portée ; il nous suffira de dire qu'il peut être considéré , bien avant Hahnemann, comme le créateur de VHomœopathie ; il fut un précurseur de Béchamp , de Lux et de Pasteur, et fonda ainsi une école brillante dont les disciples contribuèrent, dans les siècles suivants, à faire sortir la médecine de l'ornière où elle se traînait depuis Galien et les Arabes. Son œuvre, en voie de traduction, commence à être mieux connue, et l'école moderne s'habitue peu à peu à rendre justice à ce grand homme qui a connu tant de détracteurs.